Médias

La présidente de France Télévisions menacée par une « motion de défiance »

Jour-J pour la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte, contre qui une motion de défiance devraient être votée, ce mardi 12 décembre, par les journalistes des rédactions nationales du groupe.

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Les journalistes des rédactions nationales de France Télévisions devaient voter mardi une motion de défiance à l’encontre de Delphine Ernotte, présidente du groupe depuis avril 2015. Une manière, sans valeur légale, d’exprimer leur désaccord avec la direction. « Les salariés n’ont plus confiance en la gestion du groupe par leurs dirigeants », explique au Parisien un membre de la Société des journalistes (SDJ) de France 2.

Courant novembre, la direction avait provoqué la colère des équipes en envisageant de diminuer les effectifs et la fréquence de diffusion des magazines Complément d’Enquête et Envoyé spécial et en confiant certaines enquêtes à des maisons de production extérieures à la chaîne. Elle était finalement revenue sur ces projets. Un rétropédalage qui n’a pas convaincu la SDJ de France 2 : « Ça fait deux ans qu’on se sent menacés. On en a assez de devoir se battre sans cesse pour préserver l’information à France Télévisions. »

Avec en toile de fond le projet prêté à la direction de recréer une sorte d’ORTF bis sous la forme d’un regroupement à terme des chaînes de France Télévisions et des antennes de Radio France.

Des rédactions désunies

Les salariés de France Télévisions sont aussi appelés par les syndicats (FO, SNJ et CGT) à faire grève mercredi pour dénoncer leur « ras-le-bol général », mais aussi l’ « injustice » du traitement réservé au groupe audiovisuel par le gouvernement.  Le 4 décembre Emmanuel Macron avait critiqué sa gestion devant des députés LREM. « Nous sommes accusés de mal faire notre travail, fulmine Eric Vial, secrétaire général de Force Ouvrière à France Télévisions, alors que le personnel ne fait qu’appliquer ce qui a été décidé par les gouvernements successifs. »

Mais les rédactions opposées aux dirigeants de France Télévisions peinent à se constituer en un front uni. « La télévision publique est à deux vitesses », constate Eric Vial. Dans la ligne de mire de Force Ouvrière, les rédactions parisiennes (France 2 et 3, franceinfo et franceinfo.fr) qui refuseraient de participer aux efforts budgétaires imposés aux chaînes régionales.

Camila Giudice

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