Espace, Europe, International

Lancement de nouveaux satellites : comment Galileo veut détrôner le GPS américain

La constellation de satellites Galileo doit accueillir quatre nouveaux venus ce soir. Le projet européen de positionnement pas satellite devrait ainsi franchir un nouveau cap et se rapprocher de  l’indépendance vis-à-vis du GPS américain. Si tout se passe bien …

Tweet about this on TwitterShare on FacebookEmail this to someone

Un petit lancement pour Ariane, un grand pour Galileo. Ce mardi soir, à 19 heures 36 minutes et 7 secondes, heure de Paris, un lanceur Ariane 5 ES décollera du centre spatial de Kourou. Abrités sous sa coiffe, quatre satellites de plus de 700 kg chacun. Quatre heures plus tard, ils s’inséreront dans leur orbite opérationnelle, portant à 22 le nombre de satellites de la constellation Galileo. Il ne manquera au « GPS européen » que 8 satellites pour devenir pleinement opérationnel.

S’affranchir et rire des Américains

Avec leur Global Positionning System (GPS), les Américains ont longtemps bénéficié d’un monopole sur la production de données de géolocalisation. C’est un besoin stratégique d’indépendance qui a poussé les Russes, puis les Chinois à développer leur propre système de positionnement par satellites, respectivement systèmes GLONASS et Beidou/COMPASS. Le projet Galileo est né de la même volonté. Sans cette technologie, l’Europe dépend entièrement des Américains, seuls à même d’accorder les droits d’utilisation de leur système. Jusqu’en 2000, le signal GPS mis à disposition des civils était volontairement dégradé.

La technologie européenne est également placé sous le contrôle d’autorités civiles et non pas militaires, comme c’est le cas des États-Unis. Toutefois, Galileo n’est pas uniquement pensé pour fonctionner contre le GPS, puisqu’une clause de compatibilité a été signé entre Européens et Américains pour permettre des synergies entre les deux systèmes.

Le système européen a également pour ambition de s’affranchir des limites techniques du GPS et fournir des informations de meilleure qualité. Il devra notamment permettre une localisation à quatre mètres près contre une dizaine pour la génération actuelle du système américain.

Pour rendre possible cette précision, Galileo sera composé d’une constellation de 24 satellites répartis sur trois orbites différentes, auxquels s’ajouteront six satellites de secours, à près de 23 200 kilomètres d’altitude. « Lorsque les huit derniers auront été mis en orbite, d’ici mi-2018, le service offrira une couverture mondiale de 99,8 % », précise Paul Verhoef, directeur de la navigation à l’agence spatiale européenne (ESA). « Galileo permet déjà à l’Europe de disposer d’un système de navigation par satellites extrêmement précis, fiable et sécurisé et ces quatre nouveaux satellites amélioreront encore la performance de la constellation », précise le CNES, l’agence spatiale française, dans un communiqué.

De petites réussites en petits échecs

Le système complet ne sera opérationnel qu’à l’horizon 2020, mais il fonctionne déjà depuis fin 2016 alors que la constellation ne comptait que 15 satellites. Le service dédié aux secours, search and rescue, est déjà en activité. Des constructeurs de téléphone tels que Samsung et Apple ont commencé à inclure des puces capables de capter le signal Galileo dans leurs produits.

Mais les satellites de la constellation ont rencontré quelques problèmes depuis le début du projet. Dès 2012, un an après le début de la phase déploiement, un problème d’antenne empêche toute communication avec le troisième satellite lancé. Puis en 2014, deux satellites sont « égarés » au moment de leur insertion en orbite. À cause d’une erreur de navigation d’un lanceur Soyouz, ils n’ont pas pu rejoindre leur emplacement opérationnel, et ne serviront donc pas à la localisation.

Cet été 2017, l’ESA a annoncé que dans plusieurs satellites déjà déployés, des systèmes absolument indispensables à la géolocalisation – des horloges atomiques – auraient rencontré un problème. Sur les 72 horloges en orbite, au moins neuf seraient défectueuses. Après de longues investigations, l’origine des pannes a été trouvée. Malgré ces incidents, les directeurs du projet assurent que l’efficacité du système Galileo n’est pas remise en cause, grâce à des systèmes de sécurité. Mais il lui faudra un peu plus de temps pour être totalement opérationnel.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookEmail this to someone