Culture, Hommage à Johnny

Johnny Hallyday enterré à Saint-Barth’ : « Pour nous, Johnny reste ici »

Déçus mais compréhensifs, les fans de Johnny Hallyday respectent le choix du rocker d’être inhumé à Saint-Barthélemy.

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« Je ne pourrai pas aller le voir aussi souvent que je le voudrais », déplore Isabel Cristina-Pereira, une Massicoise (91) venue samedi faire un dernier adieu à Johnny Hallyday sur les Champs-Elysées. Pour cette « fan de chez fan » de 46 ans, l’inhumation du chanteur à Saint-Barthélemy est un déchirement.

C’est au bout du monde, à 6700 kilomètres et 8 heures d’avion de la métropole, que le chanteur a choisi d’être enterré. Sa dépouille a atterri dimanche à Saint-Barthélemy, petite île française des Antilles où le couple Hallyday possède une villa depuis 2008. Le rockeur a été inhumé le lendemain après une cérémonie intime à laquelle ont assisté 80 de ses proches. Il repose aujourd’hui, tout près de la propriété familiale, au cimetière de Lorient. « Face à l’océan… comme Brel », souffle Marie-Paule Château, dans un sourire triste. Cette Parisienne de 57 ans comprend la décision de la famille. A l’instar de Jacques Brel, enterré aux îles Marquises, Johnny Hallyday et ses proches ont « choisi la tranquillité ».

Jacques Colomar, 60 ans, se rendra à Saint-Barth en 2019. (Crédits: Alice Raybaud)

« J’irais si je gagne au loto ! »

Emmitouflé dans son blouson de cuir, les yeux mélancoliques, Jacques Colomar, 60 ans, a fait le voyage depuis la Vendée jusqu’à Paris. Sa fille Laura l’a accompagné pour dire au revoir à ce chanteur qui est « toute sa vie ». Pour Jacques, pas de doute : « En 2019, on ira à Saint Bart’ ! », lance-t-il, la voix enrouée d’émotion.

Le voyage est pourtant exclu pour une majorité des fans. « Ce n’est pas une question de cœur, c’est une question de finances », se sent obligé d’expliquer Michel Muller, un admirateur de 60 ans. Il faut en effet compter 1500 euros aller-retour en moyenne. « Ce n’est pas à la portée de tout le monde, regrette-t-il. Mais sa sépulture sera plus respectée là-bas qu’en métropole. » Nombreux sont les fans qui approuvent ce choix, inquiets de voir la tombe du rocker pillée ou dégradée. « A Saint-Barth, Johnny vivait comme « monsieur tout le monde » il y sera plus tranquille », comprend Mélanie, 31 ans : « J’irais si je gagne au loto ! ».

A défaut d’un voyage vers les îles, ils espèrent qu’un lieu ou un monument sera érigé en Métropole pour se recueillir à chaque anniversaire de la mort de leur idole. « Ils vont bien nous faire une statue en région parisienne… », tente, plein d’espoir, Didier Puaud, 59 ans, qui écoute Johnny depuis le CM2. A Nice, le conseil municipal a décidé jeudi de rebaptiser sa plus grande salle de concert « Palais Nikaïa – Johnny Hallyday ». Un changement effectif au 1er juillet 2018. « De toute façon, conclut Isabel, pour nous il reste ici… Il continuera à vivre en chacun d’entre nous… Par sa musique. »

Alice Raybaud et Emilie Duhamel

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