“Beef Carbon”, le plan anti-pollution des agriculteurs

L’opération “Beef Carbon” est lancée. Les agriculteurs français s’engagent pour la COP21 et promettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 15% d’ici dix ans. Ce plan d’action a été décidé vendredi dernier au cours du sommet de l’élevage de Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme), et sera mis en oeuvre à partir de janvier 2016, comme le rapporte RTL ce mardi.

L’opération “Beef Carbon” devrait permettre de changer la manière de travailler des éleveurs bovins. C’est d’abord la hauteur de l’herbe à brouter qui sera réglementée. En sachant que les brins doivent faire au moins six centimètres de haut pour rassasier correctement les animaux, l’idée est de les nourrir correctement en pâturage, pour éviter de rajouter un complément alimentaire à base de céréales, coûteuses et polluantes à importer.

Un changement de l’alimentation des bovins est aussi à l’étude. Objectif : privilégier le lin pour les nourrir et réduire ainsi les rots polluants de ces animaux. Autres nouveautés : la conduite écologique des véhicules agricoles sera privilégiée. La semence des graines se fera à l’aide d’une herse qui écartera la terre en même temps, évitant ainsi un deuxième passage du tracteur pour labourer.

Réduire l’empreinte carbone

L’ambition de “Beef carbon” est de réduire l’empreinte carbone de la viande bovine, qui représente environ 60% des émissions totales de gaz à effet de serre dans le secteur agricole, selon un rapport de 2011 du Centre d’information des viandes.

Ce plan rassemble quatre pays européens, la France, l’Italie, l’Irlande et l’Espagne, ainsi que 50 signataires, comme les chambres d’agriculture de la Bourgogne, de l’Auvergne et de la Bretagne ou Interbev, l’Association nationale inter-professionnelle du bétail et des viandes, et 2000 fermes du territoire français.

La direction générale de l’Union Européenne a montré son soutien à ce projet, en lui venant en aide financièrement à hauteur de 3,2 millions d’euros, selon l’Institut de l’élevage (Idele). Il faudra attendre janvier 2016 pour en observer les premiers effets.