En catimini, l’Etat resserre le budget de son agence environnementale

Depuis cinq ans, le budget de l'agence gouvernementale de l'Etat ne cesse de baisser. Un paradoxe à deux mois de la COP21 qui se tient à Paris.

Douloureuse comparaison. Alors que la COP21 approche à grands pas, et que le gouvernement tient à y apparaître en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique, le budget de l’Ademe (Agence pour le développement et la maîtrise de l’énergie) est annoncé à la baisse pour 2016. D’après les chiffres révélés par Le Canard enchaîné du mercredi 30 septembre, l’agence voit ses dotations de l’Etat fondre de 5 %.

Le symbole est lourd, mais encore faut‐il savoir ce qu’il représente. Les missions de l’Ademe sont complexes, et la plupart des Français ignorent ses prérogatives. La plus connue d’entre elle reste l’apport financier que l’agence peut apporter aux particuliers qui souhaitent rénover leur domicile, mais elle ne représente pourtant qu’une infime partie de son budget.

Quatre métiers, cinq domaines d’intervention

L’Ademe travaille en réalité de quatre manières différentes. Ses actions visent ainsi à:
_ Connaître : elle finance la recherche et l’innovation dans les filières de développement durable.
_ Convaincre et mobiliser : au travers de campagnes de communication, elle vise à sensibiliser les Français aux problématiques énergétiques.
_ Conseiller : l’Ademe apporte son expertise en matière d’environnement aux acteurs socio‐économiques qui souhaitent développer un projet dans ce sens.
_ Aider à réaliser : l’agence accorde des soutiens financiers aux particuliers et aux professionnels qui mettent en oeuvre des projets.

De plus, l’agence divise également son champ d’action en cinq branches : les déchets, l’énergie, l’air et les bruits, les actions transversales (production, consommation, villes et territoires durables) et les sols pollués et les friches.

Cette année, ce n’est pas la tenue de la COP21 qui aura poussé le gouvernement à revoir à la hausse le budget de son agence. Celui‐ci est en baisse constante depuis plus de cinq ans.

Face à la nouvelle baisse annoncée dans le projet de loi de finances 2016, qui s’accompagne en plus d’une réduction de 10 % des effectifs d’ici à 2017, l’intersyndicale a sollicité plusieurs entretiens avec la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal. Pour l’heure, ces demandes sont restées lettre morte.