Hausse du diesel : colère de l’Automobile club et des routiers

Une politique “incohérente et punitive”. C’est ainsi que l’Automobile club association (ACA) a qualifié ce jeudi la suppression, à terme, de l’avantage fiscal du carburant diesel sur l’essence.

Après des années de débats, Matignon a annoncé mercredi soir le principe d’un rapprochement en cinq ans entre le prix du gazole et celui de l’essence pour mettre fin au “traitement fiscal favorable” dont bénéficie historiquement le gazole en France, “avec une taxation TTC inférieure de près de 20 centimes par litre par rapport à l’essence”.

Le prix du litre augmentera d’un centime dès 2016. Cette augmentation sera renouvelée en 2017.

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L’ACA, qui regroupe des associations revendiquant plus de 800.000 membres cotisants, a estimé jeudi que “l’automobiliste a très largement été incité à acheter du diesel”. Elle a également rappelé que “l’automobiliste, en contribuable généreux, a déjà supporté une augmentation de 2 centimes de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) sur le gazole, faisant les frais du feuilleton de l’écotaxe, qu’il s’agissait de compenser”.

L’Automobile club a en outre demandé “une vraie politique incitative permettant le renouvellement du parc et le remplacement des véhicules diesels anciens plutôt que de taxer injustement tous les possesseurs de véhicules diesel, y compris les plus récents équipés de filtres à particules”, obligatoires depuis la norme Euro 5 en 2009.

Acheter un véhicule diesel ou essence… à condition d’avoir le choix

De leur côté, les transporteurs routiers fédérés par les syndicats professionnels FNTR, TLF et UNOSTRA, ont prévenu jeudi qu’ils “attend(ai)ent des pouvoirs publics le maintien de la fiscalité diesel sur le carburant utilitaire à son niveau actuel”.

Les professionnels bénéficient en effet d’une TICPE inférieure aux particuliers: au premier semestre 2015, elle s’élevait ainsi à 43,1 centimes d’euro par litre contre 48,1 centimes à la pompe pour les particuliers.

“Si le particulier a la possibilité de choisir à l’achat entre un véhicule diesel et essence, le chef d’entreprise de transport routier, lui, n’a pas ce choix”, ont noté ces organisations professionnelles.

Elles ont aussi fait valoir que “si le diesel était à l’origine un carburant utilitaire, le transport routier de marchandises ne représente plus aujourd’hui que 17% de la consommation totale de diesel en France. La problématique diesel provient donc avant tout de la diésélisation massive du parc automobile”.

Avec AFP