Les banlieues dix ans après les émeutes de 2005, les réactions des responsables politiques

Dix ans après les émeutes de 2005 dans les banlieues, la question des zones urbaines reste un enjeu majeur du débat politique français. Les représentants politiques reviennent sur les évènements de 2005 et la situation des banlieues tout au long de la journée.

Beaucoup de responsables politiques ont réagi pour commenter la situation des banlieues dix ans des émeutes en banlieue de 2005. Retrouvez toutes les réactions pour accompagner le direct de cette journée !

  • “La gauche n’a strictement rien fait pour les banlieues depuis 2012” pour la porte‐parole du parti Les Républicains

Lydia Guirous, porte‐parole des Républicains, a qualifié le comité interministériel du gouvernement aux Mureaux (Yvelines) de “tentative un peu vaine de faire oublier le pitoyable déplacement de François Hollande, reçu par des huées à La Courneuve.”

Lors d’une conférence de presse, elle a accusé Manuel Valls de faire “de la retape auprès des banlieues” alors que “le mépris de la gauche et du gouvernement à l’endroit des banlieues et des quartiers populaires est de plus en plus fort” et affirmé “ce qu’il faut dans les banlieues, ce ne sont pas des opérations de communication, mais que l’autorité de l’Etat et l’ordre républicain reviennent de toute urgence

  • Manuel Valls annonce plusieurs mesures pour les banlieues et la diversité aux Mureaux

Il y a dix ans, notre pays a été secoué par plusieurs semaines de troubles qui n’ont laissé personne indemne. La douleur, les images, les cicatrices sont encore là” a déclaré Manuel Valls à propos des émeutes urbaines de 2005 lors d’un comité interministériel sur la mixité sociale et la lutte contre les discriminations aux Mureaux (Yvelines).

Le Premier ministre a annoncé de nouvelles mesures pour les banlieues et  la diversité comme un programme de renouvellement des origines sociales des élèves des écoles administratives : “Il n’y a pas assez de hauts fonctionnaires issus des milieux populaires, et ce n’est pas normal. Le décalage entre les élites et la société est trop important.”

Autre mesure annoncée par Manuel Valls, la nomination de dix délégués gouvernementaux dans des quartiers considérés comme difficiles pour “mieux casser les logiques de ségrégation, lutter contre les discriminations et prévenir la radicalisation”. Les dix délégués, supervisant 17 quartiers au total, auront “l’autonomie nécessaire, notamment budgétaire, pour mobiliser les ressources du territoire afin de bâtir de manière réactive et créative des solutions sur mesure pour obtenir des résultats tangibles pour les habitants.

  • Geoffroy Didier (Les Républicains) propose de rétablir “un service militaire et civique obligatoire” 

Geoffroy Didier, délégué national des Républicains aux fédérations et cofondateur de la Droite Forte, a fustigé sur RFI la réunion interministérielle aux Mureaux du gouvernement de Manuel Valls : “Cette ribambelle de ministres ne réglera rien et il va falloir une fois pour toutes de la détermination politique suffisante pour s’attaquer aux racines du mal

La première “racine du mal” selon le conseiller régional d’Île-de-France est la ghettoïsation “orchestrée par des architectes communistes prétendument humanistes qui ont défiguré certains quartiers (…) en créant des tours, des dalles et des dédales qui sont devenus de véritables cages à lapin et il faut casser ces ghettos urbains”.

L’autre cible de Geoffroy Didier, “le défaut d’assimilation puisqu’on a fait venir des populations immigrées sans leur transmettre les valeurs républicaines”. Il propose le rétablissement d’un “service militaire et civique obligatoire”.

  • Stéphane Gatignon (maire de Sevran) : “Oui, ça peut exploser” 

Stéphane Gatignon, invité de France Inter lundi matin, est revenu sur les événements de 2005. Le maire de Sevran, démissionnaire d’Europe Ecologie — Les Verts et membre de l’union des démocrates et écologistes (UDE), dresse un portrait de la situation actuelle des banlieues : “On est sur la ligne jaune, on ne sait pas de quel côté on va aller. Oui, ça peut exploser, il ne faut pas se leurrer, il y a des tensions fortes, une crise économique extrêmement douloureuse pour beaucoup. Aujourd’hui il y a des gens qui subsistent chez nous.”

Maire de Sevran depuis 2001, il a vécu les émeutes de 2005 dans sa commune et met en avant les liens entre les habitants : “Il y a des solidarités très fortes, qui existent, plus qu’ailleurs, plus qu’en centre‐ville, mais en même temps, ces solidarités ne vont pas tenir tous les bouts jusqu’au bout.

L’élu écologiste souligne également la rupture entre les gouvernements et le terrain : “un tas de jeunes qui ont fait 2005 se sont investis dans l’associatif, y compris pour certains dans la politique, y compris pour d’autres dans l’économique, dans tout un tas de choses et en même temps, on ne les reconnaît pas.

  • La gestion des banlieues, un “raté national” pour Jean‐Christophe Cambadélis

Jean‐Christophe Cambadélis a dénoncé sur iTélé un “raté national” concernant les banlieues. Le premier secrétaire du Parti socialiste a appelé à “se remettre en question” pour ne pas laisser “ces populations, ces Français, au bord du chemin”. Le député de Paris a déclaré : “Nous avons tendance à nous occuper de l’économie, du social et des polémiques avec le Front national, mais on ne s’occupe pas des banlieues ou vivent de très nombreux Français, et ceci depuis très longtemps.