Qui sont les migrants à Calais ?

On les appelle les migrants, les réfugiés, mais chacun de ces hommes, femmes et enfants ont tous une histoire et des raisons différentes de se retrouver en plein milieu de la « jungle » de Calais.

Les pionniers afghans et irakiens

On les aurait presque oubliés mais ce sont eux les premiers à être arrivé à Calais. Dans les années 2000, des milliers d’Afghans doivent fuir le régime des Talibans. Avec le Royaume‐Uni en ligne de mire, ils affluent tous à Calais avec l’espoir de traverser la Manche et débuter une nouvelle vie. Les Irakiens avaient déjà commencé à quitter leur pays lors de la Première Guerre du Golfe en 1991. L’intervention américaine, la chute de Saddam Hussein et la guerre civile qui s’en est suivi en 2003 n’ont fait qu’accélérer les flux au départ du Moyen‐Orient. En minorité aujourd’hui dans la « jungle » de Calais, nombre d’Afghans et d’Irakiens sont encore sur place, la situation instable dans leurs pays les empêchant d’envisager un retour.

L’Afrique de l’Est la plus représentée dans la « jungle »

Les conflits entre Erythrée et Ethiopie, la dégradation de la situation politique, économique et sociale en Somalie, la guerre du Darfour au Soudan ont provoqué des départs massifs vers l’Egypte d’abord, puis la France avec toujours l’Angleterre pour destination finale. D’après une enquête du Secours populaire, les migrants en provenance de l’Afrique de l’Est représentent plus de la moitié de la population de la « jungle » à Calais.

Ce sont majoritairement des jeunes hommes âgés de 18 à 35 ans qui perçoivent l’Europe comme une terre d’asile et y voit un avenir économique possible. 40% d’entre eux appartenaient à une catégorie socioprofessionnelle supérieure dans leur pays d’origine.

Les conflits comme principale raison de fuite

Sur 150 personnes interrogés, 89% disent avoir fui leur pays en raison des conflits, 67% à cause de persécutions subies et 22% craignaient d’en subir. Al Gahafale, un étudiant soudanais de 21 ans interrogé par Le Point, raconte qu’il avait été arrêté plusieurs fois à l’université pour avoir critiqué le régime. C’est son père qui lui a conseillé de partir. Même constat pour Abasou, un enseignant érythréen de 30 ans : « J’ai été emprisonné trois fois pour avoir osé exprimer des désaccords avec la politique du gouvernement. Je ne retrouverai jamais en Europe ce que j’ai perdu en Erythrée. Si la paix y avait régné, je ne serais jamais parti. »