Air Cocaïne : « ces hommes ne sont pas en fuite »

Les avocats des deux pilotes de l'affaire Air Cocaïne, qui se sont enfuis de République dominicaine, mettent en cause dans une conférence de presse, mardi 27 octobre, l'administration française.

Pascal Fauret, l’un des deux pilotes exfiltrés de République dominicaine après avoir été condamné à 20 ans de prison dans l’affaire Air Cocaïne, s’est exprimé pour la première fois mardi 27 octobre à 14 heures. Mais c’est surtout Eric Dupont‐Moretti, avocat ayant tardivement rejoint le dossier, qui a donné le ton de la conférence de presse dans son plaidoyer. 

« Ces hommes ne sont pas en fuite »

« Ces hommes ne sont pas en fuite. Ils sont à la disposition de la justice », a asséné Eric Dupont‐Moretti à plusieurs reprises. Il affirme « n’attendre qu’une chose : une convocation chez le juge d’instruction ». Il s’improvise en arbitre de la conférence de presse, réclamant le silence et rejetant certaines questions des journalistes, pourtant adressées à son client. Il coupe court aux sous‐entendus sur de possibles représailles pour les deux pilotes de l’affaire Air Cocaïne restés en République dominicaine : « de grâce, ce n’est pas la peine de rajouter de la culpabilité ».

« Cette affaire a pris toute ma vie »

Pascal Fauret, plus en retrait, ne tient pas à entrer dans les détails de l’affaire pour le moment : « Je suis très fatigué ; je n’ai pas encore touché terre, j’essaie de réaliser petit à petit que je suis rentré. Cette affaire a commencé par surprise, contre mon gré, elle a pris toute ma vie, il faut que cela s’arrête. » Il raconte brièvement son calvaire : « enfermé dans un cachot pendant 15 jours », « tête rasée », « jeté dehors sans papier ». Ses accusations, encore allusives, visent autant le ministère des affaires étrangères que la justice dominicaine : « il y a eu pendant un an un enlisement programmé. »

« Un dysfonctionnement interne »

Les avocats présents à la conférence de presse, Eric Dupond‐Moretti et Jean Reinhart, formulent des accusations graves, notamment à l’encontre de l’administration française. Selon les témoignages des pilotes, un policier aurait rédigé un procès verbal après s’être fait passer pour un employé de l’ambassade de France en République dominicaine. Ces preuves, versées au dossier judiciaire à charge, auraient selon eux été obtenues juste après l’interpellation des deux pilotes dans l’illégalité. Jean Reinhart va jusqu’à parler d’une « violation extrêmement grave des droits de la défense ».