Après trois ans et demi de mandat, match nul entre Sarkozy et Hollande sur le chômage

Selon les chiffres annoncés mardi 27 octobre, le chômage est en forte baisse sur le mois de septembre 2015. Qu’en était-il à la même période du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

François Hollande a enregistré, lundi 26 octobre, une première bonne nouvelle sur le front du chômage, avec l’annonce du recul du nombre de demandeurs d’emploi en septembre. La lutte pour l’emploi est une des priorités annoncées par l’Elysée. François Hollande en a fait la condition sine qua non de sa participation à la présidentielle de 2017. Nicolas Sarkozy avait connu lui aussi, à un an et demi de la fin de son quinquennat, des chiffres contrastés sur l’emploi. Alors que les deux hommes pourraient se retrouver à nouveau en concurrence pour la présidence, décryptage des courbes du non‐emploi trois ans et demi après leur prise de fonction.

Une baisse au même instant

Les chiffres de Pôle Emploi pour septembre 2015 donnent une baisse de 0.7%, une chute que François Hollande n’avait jamais connu durant son mandat. Avec 24.700 chômeurs de moins, pareille baisse n’avait plus été observée depuis novembre 2007. En septembre 2010, Nicolas Sarkozy avait lui aussi obtenu un bilan positif avec une baisse 1.700 chômeurs de catégorie A. Des chiffres toutefois à relativiser si l’on observe dans le cas de François Hollande et de Nicolas Sarkozy les autres catégories.

Une baisse qui intervient après une même hausse significative

Les deux présidents se rejoignent également sur le timing de cette baisse. Cette chute sous François Hollande intervient alors que le chômage avait atteint des chiffres historiquement hauts de 10.5% de chômeurs en France en octobre 2014. Sous le précédent quinquennat, le chômage avait culminé à 9.5% fin 2009, là aussi près d’un an avant le regain de septembre.

La baisse sous Sarkozy n’avait pas duré jusqu’à la présidentielle

La baisse annoncée lundi est considérée comme un signe positif pour la reprise de l’emploi. La ministre du travail Myriam El Khomri s’est félicité des chiffres en les expliquant par l’action gouvernementale : « Cette évolution concrétise l’amélioration progressive de la conjoncture économique observée ces derniers mois (hausse des créations d’emploi, nette amélioration du climat des affaires), portée par les réformes que nous avons mises en œuvre (Pacte de responsabilité et de solidarité, plan TPE). »

Il est toutefois bien trop tôt pour annoncer une baisse durable de ces chiffres d’ici à mai 2017. Sous Nicolas Sarkozy, la baisse débutée en septembre 2010 s’était poursuivie jusqu’en décembre 2011 (le chômage flirtait alors avec les 9 %). Mais les quatre derniers mois de son mandat s’étaient soldés par une forte remontée du nombre de demandeurs d’emploi, jusqu’à atteindre, au moment de sa défaite, le même chiffre qu’en septembre 2010 (à 0,1 % près).

Pour François Hollande, qui a indexé sa candidature sur la courbe du chômage, il faudra prouver que cette baisse s’inscrit dans la durée, et éviter un contre‐coup sur le marché de l’emploi, comme l’avait connu son adversaire en 2012.