Baisse du chômage chez les jeunes : l’influence des contrats aidés

Les derniers chiffres du chômage montrent des signes positifs pour l’emploi des jeunes. Le gouvernement s’en félicite sans triomphalisme, et met en avant son utilisation des contrats aidés. Bilan de ces contrats.

Quatre mois consécutifs de baisse du chômage chez les jeunes. Mardi 27 octobre, la ministre du travail Myriam El Khomri s’est félicitée de cette tendance. Une première depuis 2007. Depuis fin mai 25 000 jeunes sont sortis du chômage. En septembre, le nombre de demandeurs d’emploi dans cette catégorie a baissé de 2,6 %.

« Cela prouve l’efficacité de nos dispositifs en faveur de l’emploi des jeunes (emplois d’avenir, garantie jeunes, contrats de génération, relance de l’apprentissage) », estime la ministre du travail. En novembre 2014, une rallonge de 45.000 emplois aidés avait été votée par l’Assemblée nationale pour le budget 2015. Le total de contrats aidés prévus en 2015 s’élève à 445 000.

Le gouvernement a insisté sur l’importance des contrats aidés pour tenter d’inverser la courbe du chômage. Ces contrats ciblent l’emploi des jeunes en permettant aux employeurs de bénéficier de subventions à l’embauche, d’exonérations de certaines cotisations sociales ou d’aides à la formation.

Il en existe différents types, mis en place depuis le début du quinquennat :

  • L’emploi d’avenir, entré en vigueur en novembre 2012, est celui qui a le plus de succès. Il est destiné aux jeunes peu ou pas qualifiés. L’employeur qui recourt à ces types de contrat bénéficie d’une aide financière de l’Etat. Il peut s’agir de contrats à durée indéterminée (CDI) ou de contrats à durée déterminée de trois ans ou d’un an renouvelable (CDD), conclus dans le secteur marchand ou non‐marchand. Fin septembre 2014, 113 000 jeunes bénéficiaient du dispositif : 83 000 dans le secteur non marchand (associations, collectivités territoriales, établissements publics, etc.), 23 000 dans le secteur marchand et 7 000 en emploi d’avenir professeur. Ils sont 41% à ne pas avoir de diplômes et 83% à ne pas être bacheliers. La formation qualifiante prévue n’existe cependant que pour 36 % des jeunes bénéficiaires.
  • Des contrats aidés destinés aux jeunes en difficulté dans leur insertion professionnelle. Ils subventionnent les employeurs. Des contrats uniques d’insertion (CUI) différents existent pour le secteur marchand et pour les collectivités territoriales. CIE‐Starter est par exemple un contrat aidé qui concerne le secteur marchand et fixe une aide financière destinée à l’employeur, à hauteur de 45 % du SMIC horaire brut. Le gouvernement prévoit 13 000 contrats starters d’ici la fin 2015.
  • Mesure phare du candidat François Hollande en 2012, le contrat de génération devait faciliter l’embauche des jeunes en CDI et le maintien de l’emploi des seniors, tout en facilitant la transmission des compétences. Pour les entreprises de moins de 300 personnes, une aide allant jusqu’à 4 000 euros par an peut être débloquée.Le gouvernement attendait 500 000 contrats sur cinq ans. Lancé en 2013, ce programme n’a conduit qu’à 33 000 contrats signés au cours des deux premières années. Cela démontre que la subvention à l’embauche n’est pas toujours un outil adapté aux besoins des entreprises.
  • Outre les aides à l’emploi destinées aux entreprises, le gouvernement met aussi l’accent sur le suivi des jeunes. La « Garantie jeune » est un programme d’accompagnement qui organise un accompagnement pour les démarches d’accès à l’emploi, dans le cadre d’un contrat d’engagements réciproques entre le jeune et un référent.

Ce foisonnement d’aides à l’emploi, pas toujours lisible ni facile d’accès, pour les jeunes ou pour les employeurs, est souvent critiqué. L’opposition déplore le coût de ces aides, et leur impact relatif sur l’emploi, insistant sur le risque d’un effet d’aubaine pour les employeurs qui avaient déjà prévu d’embaucher. Par ailleurs, les chiffres du chômage des jeunes masquent pour la droite l’augmentation globale du nombre de demandeurs d’emplois en France, toutes catégories confondues.