Régionales : le FN entend s’implanter en banlieue

Longtemps à la peine dans les quartiers populaires, le Front national a effectué une percée dans certaines villes de Seine-Saint-Denis lors des dernières élections départementales et veut profiter du prochain scrutin pour s’enraciner davantage.

Montfermeil Affiche FN

 

 

 

 

 

 

Il fut longtemps boudé par les électeurs de Seine Saint Denis. Aujourd’hui, les deux derniers scrutins départementaux et européens montrent que le FN pèse de plus en plus dans le paysage politique de la banlieue parisienne. 48% des électeurs ont plébiscité le parti d’extrême droite à Montfermeil, un peu au sud de Clichy-sous-Bois, au deuxième tour des départementales de mars 2015

Loin de délaisser les quartiers populaires dans sa campagne, le FN veut désormais en faire un enjeu électoral. « 600 000 tracts vont être envoyés à toutes les 203 zones urbaines sensibles de France, et nous faisons campagne partout dans le département », explique Jordan Bardella, le responsable départemental du Front national en Seine-Saint-Denis et tête de liste aux régionales. Plus de tracts, mais aussi plus de rencontres avec les électeurs auront lieu d’ici au scrutin : à Drancy, à Stains, sur les marchés, chez les habitants. La présence militante reste néanmoins bien inférieure à celle du PS et des Républicains. « Nous ne les avons jamais vu, ou alors juste avant un scrutin, et ils se contentent de distribuer quelques tracts » répond Caroline Charles, militante PS en Seine-Saint-Denis.

Au-delà des méthodes de campagne classique, un collectif est en pleine gestation depuis plusieurs semaines, signe que le FN voit dans ces quartiers un véritable potentiel électoral. Il devrait entrer en action après les régionales, début 2016. « Banlieue Patriote » doit pouvoir produire à l’échelon régional des propositions concrètes sur la ville, la sécurité, l’éducation, l’emploi.

« Ramener la République dans les quartiers sensibles »

Car à regarder le programme du FN, peu de propositions concrètes traitent actuellement de la politique de la ville. Le parti frontiste met davantage l’accent dans sa campagne en Seine-Saint-Denis sur les thématiques régaliennes comme la sécurité ou sur l’éducation. « Les gardiens de la paix ont ordre de ne plus se rendre dans certaines zones pour ne pas prendre le risque de l’affrontement, assure Jordan Bardella. Ces zones de non droit sont inacceptables. »

Il entend en parallèle faire de l’école le lieu de la lutte contre le « multiculturalisme » : « Comment peut-on faire cours dans une classe avec 28 nationalités, et des religions différentes ? Le problème est culturel et cultuel avant d’être économique ».

Pourtant, les programmes scolaires et la police ne relèvent pas des compétences dévolues aux régions. « Nous n’avons pas de contre-programme, car ils n’ont pas de programme », explique encore Caroline Charles. Le lien « le projet » du site du FN dans le 93 renvoie d’ailleurs vers la page du site national du parti. Pour le moment, le FN se contente de décliner les idées nationales du parti à l’échelon régional.