[Chronologie] AP‐HP : un accord trouvé avec la CFDT après six mois de grèves

Un accord a finalement été trouvé entre la CFDT et la direction de l'AP-HP sur l'organisation du travail. Le projet de Martin Hirsch de revoir le temps de travail des personnels non-médecins avait donné lieu à de nombreuses grèves depuis mai 2015. Les deux syndicats majoritaires refusent toujours de signer.

 

Novembre 2013 : Martin Hirsch, ex‐Commissaire aux Solidarités actives, remplace Mireille Faugère à la direction de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP‐HP). Cette dernière avait vivement été critiquée par des syndicats et politiques dans la gestion de la restructuration des hôpitaux de Paris, en particulier celle de l’Hôtel-Dieu. 

6 mai 2015 : Martin Hirsch présente aux organisations syndicales un document intitulé « Réforme de l’organisation du travail ».

Il y est question de réduire le nombre des RTT pour « adapter l’organisation notamment aux nouvelles technologies ». Selon la direction, la réforme représenterait 20 millions d’euros d’économies et permettrait de préserver plus de 4000 emplois.

Près de 3 milliards d’euros d’économies sont en effet attendues d’ici à 2017, dont 860 millions sur la masse salariale.

L’une des mesures consiste à réduire les plages horaires journalières afin notamment de diminuer les RTT, alors que les jours de repos non pris s’accumulent sur les comptes épargne temps.

21 mai 2015 : Les organisations syndicales (CGT, FO, SUD Santé, CFTC, CFE‐CGC, UNSA, CFDT) appellent à la grève et à un rassemblement devant les locaux de la direction générale pour exprimer leur désaccord avec la réforme proposée. Les tensions se cristallisent autour de la réduction des journées de RTT.

Un agent de l'AP-HP en grève jeudi 21 mai
Un agent de l’AP-HP en grève jeudi 21 mai

28 mai : Près d’un quart des personnels participent à une deuxième journée de grève.

11 juin : troisième grève. La direction de l’AP-HP annonce un taux de mobilisation en baisse, avec 21,5% de grévistes contre 24% et 34% lors des deux premières journées. Ils sont 15 000 agents à manifester selon les syndicats, entre 3500 et 3700 selon la police.

18 juin : quatrième grève. La direction propose un nouveau calendrier de discussions sur la réorganisation du temps de travail. En attendant de s’accorder sur ce calendrier, les négociations sont gelées.

17 septembre : cinquième grève en l’espace de quelques mois. Réunis en intersyndicale, les représentants du personnel de l’AP-HP exigent toujours le retrait de tout projet visant à supprimer de trois à cinq jours de RTT chez les 75 000 salariés non médecins du groupe, contre une réduction de leur journée de travail à 7h30.

Le nombre de grévistes décroit significativement par rapport à mai, passant à moins de 9%.

23 octobre : la direction annonce que la CFDT a accepté de revenir à la table des négociations depuis fin septembre.

27 octobre : à l’issue de onze séances de négociation menées en moins de cinq semaines, Martin Hirsch parvient à un accord avec la seule CFDT, qui rompt ainsi le front syndical.

La CFDT accepte désormais, comme base de discussion, «la suppression des journées (de congés) extralégales» comme la Fête des mères. Elle accepte aussi que les agents puissent travailler, « s’ils le veulent », 7h30 par jour au lieu de 7h36, ce qui a pour conséquence de réduire de 18 à 15 le nombre de jours de RTT.

En échange, le syndicat assure que Martin Hirsch a fait des concessions: le directeur voulait au départ réduire de façon globale le nombre de RTT à 15 au sein des hôpitaux parisiens. Ce chiffre varie aujourd’hui entre 17 et 26, puisque la journée de 7h30 avec 15 jours de RTT est introduite pour les nouvelles recrues et « sur une base volontaire » pour les agents déjà en poste. Le syndicat assure également avoir obtenu le maintien des 30 minutes de repas incluses dans le temps de travail de l’ensemble des personnels.

28 octobre : Les deux principaux syndicats, USAP‐CGT et SUD Santé, refusent toujours de signer l’accord.

Rappelant qu’une pétition hostile aux projets de la direction a recueilli plus de 10 000 signatures depuis le début du mois, Olivier Youinou, secrétaire général adjoint de SUD Santé, promet que l’intersyndicale va rapidement appeler à de nouvelles journées de mobilisation. « Les salariés vont faire comprendre à M. Hirsch qu’ils ne sont pas d’accord et que la colère n’est pas retombée dans les services », a‐t‐il déclaré mercredi 28 octobre.