Ces séries françaises à la conquête du monde

Les exportations ont bondi de 39% l’année dernière. Cette semaine, le forum Direct to Series tente de séduire les acheteurs américains.

Grandes manoeuvres sur les séries françaises. Alors que TF1 et France 2 sont en guerre pour les droits de Plus belle la vie, le feuilleton quotidien de France 3 regardé par des millions de téléspectateurs, les boites de production se tournent elles plutôt vers le marché de l’export à l’étranger.

L’enjeu est considérable. En 2014, les ventes de séries ont rapporté quelque 150 millions d’euros à leurs créateurs. Un bon de 50% par rapport à l’année précédente. Les programmes bleu‐blanc‐rouges font parler d’eux depuis le succès inattendu des Revenants. La vie d’une petite ville touchée par le retour de ses morts s’est exportée dans une quarantaine de pays (en Australie, Thaïlande, Corée du Sud), mais aussi en Grande‐Bretagne et aux Etats‐Unis. Engrenages a quant à elle été la première série française achetée par Netflix pour le marché américain. TF1 International a également annoncé le 6 octobre la vente de quatre séries à Walter Presents, un nouveau service à la demande britannique. Les Anglais pourront donc découvrir No Limit, la série créée par Luc Besson, Flics, Le vol des cigognes, ou encore Résistance.

Opération séduction outre‐Atlantique

Ce mouvement n’est pas prêt de s’arrêter. Versailles, une co‐production franco‐canadienne de trente millions d’euros, sera diffusée sur Canal + dès le 16 novembre. La série a déjà été vendue à la BBC – une première – et à une quinzaine d’autres pays. La première mondiale s’est tenue mercredi à Los Angeles devant les acheteurs américains, lors du forum Direct to Series du 27 au 28 octobre. Cet événement en est à sa troisième édition et entend faire une place aux productions françaises outre‐Atlantique. Le Bureau des légendes, réalisation de Mathieu Kassovitz sur des agents secrets français, y est aussi présentée.

Malgré tout, des progrès restent à faire. Les ventes aux Etats‐Unis se montent à seulement 22 millions d’euros, sur les 153 millions que représentent les ventes totales des séries à l’étranger. Difficulté majeure, la lenteur de la production. Les téléspectateurs des Revenants ont attendu trois ans pour découvrir la seconde saison. Trois ans: largement le temps pour oublier une série. Côté américain, les séries présentent de nouvelles saisons chaque année. La tendance aux « remakes » (adaptation d’une série déjà existante) pose aussi question. Les droits des Revenants vendus aux Etats‐Unis ont permis de réaliser une version américaine. D’une qualité discutable, elle a été arrêtée au bout d’une saison.