Melun : le geste de l’avocat était prémédité

L’avocat qui a tiré sur son bâtonnier du tribunal jeudi, avait annoncé l'agression dans un ouvrage intitulé Journal indélicat.

 

L’avocat Joseph Scipilitti, qui a tiré sur le bâtonnier du tribunal de Melun, jeudi 29 octobre, avant de se suicider, semble avoir prémédité son geste. C’est ce qu’il explique dans un journal de 240 pages, envoyé par mail à des amis et publié sur internet la veille du drame.

En introduction de l’ouvrage, intitulé Journal indélicat, il écrit : “Me voilà donc sur le point de satisfaire ceux qui pour justifier leur domination ou leur soumission m’ont fait une réputation de cosaque. Pour une fois, je vais vraiment manquer de délicatesse.”

Joseph Scipilitti, qui avait rendez-vous jeudi matin avec Henrique Vannier, bâtonnier du tribunal de Melun, lui a tiré dessus à trois reprises avant de retourner l’arme contre lui. Il serait mort sur le coup. Le bâtonnier, quant à lui, a été admis à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil. Ses jours ne sont plus en danger.

Une enquête pour “tentative d’assassinat” a été ouverte et confiée à la police judiciaire de Versailles.

Suspendu, endetté et proche de l’extrême droite

Inscrit à l’Ordre des avocats depuis 1981, Joseph Scipilitti faisait l’objet de poursuites disciplinaires depuis octobre 2014, notamment pour “des injures et des menaces” à l’encontre du bâtonnier Henrique Vannier. En mai 2015, une peine de trois ans d’interdiction d’exercer a été prononcée contre lui.

Endetté, il avait également été placé en liquidation judiciaire en 2007. Après une reprise d’activité, il était de nouveau dans le collimateur des services fiscaux et sociaux depuis 2010.

Me Joseph Scipilitti était réputé proche de l’extrême droite. Avocat du collectif “Riposte laïque”, il avait aussi défendu Christine Tasin, fondatrice de Résistance républicaine, qui avait organisé un apéritif “saucisson-pinard”, “contre l’offensive islamiste”. En 2014, il avait défendu un militant du Bloc identitaire jugé pour des tags anti-islam.