Nicolas Sarkozy en Russie: la droite divisée

L’ancien chef de l’Etat était en visite hier en Russie pour s’entretenir avec Vladimir Poutine. Une initiative critiquée par son propre camp.

Les Républicains ne sont pas tous russophiles. La rencontre de Nicolas Sarkozy avec le président russe Vladimir Poutine hier a suscité de nombreuses réactions. La gauche a parlé d’une seule voix pour critiquer la diplomatie parallèle menée par l’ancien président. Sur Public Sénat, Manuel Valls a demandé à Nicolas Sarkozy de « ne pas mettre en cause ce qui est aujourd’hui engagé ». Mais de l’autre côté de l’échiquier politique, l’unanimité n’est pas la règle.

Alain Lamassoure, député européen Les Républicains, a parlé à midi « d’initiative individuelle de Nicolas Sarkozy qui divise l’Europe, qui divise la France et qui divise [leur] parti politique ». Tout cela pour un « petit avantage diplomatique à Vladimir Poutine ». Hervé Mariton, ancien candidat à la présidence de l’UMP, souhaite que Nicolas Sarkozy «soit très attentif à ne pas s’aligner sur Poutine» et garde «en tête les intérêts de la France». Il précise « qu’il n’y a pas d’intérêt pour la France à coller à la Russie ».

Sans jamais citer son concurrent ni aborder cette visite, Alain Juppé a subtilement affiché son désaccord sur son blog hier. Il y rappelle sa désapprobation à « l’annexion d’un territoire, soit-il d’histoire et de langue russes (la Crimée, ndlr), au mépris de toutes les règles du droit international ». Répondant à François Fillon qui l’avait alpagué sur sa défense du gaullisme, il ajoute que sa « seule certitude » est que « la France ne se serait mise ni dans la roue des Américains, ni dans celle des Russes ». Avant de conclure : « Elle aurait eu sa ligne ». L’enjeu est pour Alain Juppé d’afficher sa différence face à son futur adversaire pour la primaire de la droite et du centre.