Robert Ménard : la litanie des interdits

Depuis son accession à la mairie en avril 2014, Robert Ménard veut faire le ménage à Béziers. Florilège de tout ce que le maire Front National a décidé d'interdire dans sa ville.

Le kebab

“J’assume, je ne veux pas que #Béziers devienne la capitale du #kebab. Ces commerces n’ont rien à voir avec notre culture !”, a tweeté vendredi 30 octobre Robert Ménard. La veille, un document d’Envoyé Spécial sur France 2 le montrait dans les rues de sa ville à regretter la popularité des restaurants kebab, qu’il juge trop nombreux.

Il va jusqu’à comparer le sandwich aux immigrés : “Je trouve qu’à un moment donné, trop c’est trop. Quand il y a trop d’immigrés dans un pays, c’est trop d’immigrés. […] A un moment donné, dans le domaine alimentaire, dans le domaine de la restauration, je trouve que trop de kebabs, c’est trop.”

Le linge aux fenêtres

En mai 2015, un arrêté municipal interdit d’étendre le linge aux fenêtres des immeubles visibles des voies publiques, dans le centre historique, durant la journée. L’objectif officiel est esthétique : il s’agit de rétablir “l’attractivité” de la ville de Béziers. Mais la mesure fait polémique. Robert Ménard est accusé de vouloir stigmatiser certaines parties de la population, en particulier les plus pauvres, les gitans et les maghrébins qui se seraient installés dans le centre-ville. Une volonté de revenir au “Vieux Béziers”, comprendre, avant l’installation de ces populations.

Le couvre-feu aux enfants de moins de 13 ans la nuit

C’est la mesure qui a fait le plus parler : “Tout mineur âgé de moins de 13 ans ne pourra, sans être accompagné d’une personne majeure, circuler de 23 heures à 6 heures, du 15 juin au 15 septembre”, nous dit l’arrêté. Il s’applique pour les nuits de fins de semaine ainsi que les nuits des vacances scolaires. Mais le maire a été forcé de modifier les sanctions encourues : désormais, les parents peuvent être poursuivis pénalement, mais pas les enfants.

La suppression de l’étude pour les enfants de chômeurs

En juin 2014, la mairie de Béziers décide de supprimer l’accès à l’étude surveillée des enfants de chômeurs entre 7h35 et 8h30. Un accueil simple est proposé aux enfants à condition que leurs parents fournissent un contrat de travail. La mesure a été contestée en justice par la Ligue des droits de l’Homme, mais le recours a été rejeté par le tribunal administratif.

La crèche de Noël à la mairie

A Noël dernier, des élus installent des crèches au sein d’édifices publics. Une atteinte aux principes de laïcité et de neutralité de l’Etat ? Pas selon Robert Ménard, qui en place une dans sa mairie. Le tribunal administratif de Montpellier a autorisé le maire à la garder. Elle a été retirée depuis.

On aurait pu évoquer : les crachats, les déjections canines, les voitures mal garées, les paraboles…