Thomas Fabius, itinéraire d’un accro du jeu

Thomas Fabius, le fils du ministre des Affaires étrangères, fait l'objet d'un mandat d'arrêt aux Etats-Unis. La raison ? Des chèques en bois délivrés dans des casinos de Las Vegas, pour un total de plus de 3 millions de dollars. Un scandale qui s'ajoute à la longue liste des déboires du flambeur réputé.

Thomas Fabius, le fils du ministre des Affaires étrangères actuellement interdit de jeu en France, s’est construit une réputation de flambeur ces dernières années. Celui qui fait l’objet d’un mandat aux Etats‐Unis pour des chèques en bois est un habitué des scandales liés à l’argent.

Les premiers déboires de l’ex-chroniqueur de BFMTV remontent à 2009. Thomas Fabius est alors visé par deux plaintes d’anciens collaborateurs, avec qui il travaillait pour la création d’une entreprise de cartes à puce destinées à l’Afrique. L’homme a reconnu avoir détourné 90 000€, qui lui avaient été remis par un investisseur. A l’issue d’une procédure de « plaider coupable », il a finalement été condamné en 2011 à 15 000€ d’amende dont 10 000€ avec sursis pour « abus de confiance ».

C’est d’ailleurs entre 2011 et 2012 que le réputé flambeur aurait réalisé près de 13 millions d’euros de gain contre seulement 5 de perte dans des casinos à Chypre, selon Le Point. Son bénéfice est donc estimé à près de 8 millions d’euros. Une somme suspecte pour l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière, qui affirme que pour gagner une telle somme, une mise de 20 à 25 millions d’euros serait nécessaire.

En 2012, Thomas Fabius passe aussi par les fameux casinos de Las Vegas… Et laisse derrière lui de nombreux chèque en bois, dont la valeur totale est estimée à 3,5 millions de dollars, soit 3,2 millions d’euros. Une plainte a été déposée en 2013 par un procureur du Nevada pour « vol » et « chèques sans provision » à son encontre. Depuis jeudi, on sait également qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt sur l’ensemble du territoire des Etats‐Unis.

L’année suivante, c’est une dette de 2 millions d’euros dans des casinos monégasques qui est révélée par Valeurs Actuelles. Plus surprenant encore, la Société des bains de mer, qui dirige ces établissements, lui aurait versé 700 000 euros, pour« incident de jeu». C’est l’enquête menée sur ce versement qui a permis de découvrir le montant de cette dette.

Toujours en 2013, l’acquisition d’un luxueux appartement à Paris pour plus de 7 millions d’euros suscite aussi l’intérêt de Tracfin, la cellule de renseignement financier européenne. Une acquisition suspecte quand on sait que l’homme n’était alors pas imposable sur le revenu. L’appartement de 280m2, situé sur le boulevard Saint‐Germain, appartenait auparavant au réalisateur Claude Zidi.