Drame d’Echirolles : le procès s’ouvre aujourd’hui

Trois ans après le lynchage des jeunes Kevin et Sofiane à Echirolles (Isère) en 2012, douze accusés sont jugés par le tribunal de Grenoble.

La quarantaine de CRS mobilisée pour assurer la sécurité de l’audience témoigne du climat tendu qui règne à Grenoble. Le procès des meurtriers présumés de Kevin et Sofiane, lynchés à Echirolles en 2012, s’ouvre lundi 2 novembre. A l’époque, la violence de l’affaire avait ému toute la France. François Hollande et Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, s’étaient rendus sur les lieux du drame, trois jours après.

Tout a commencé le 28 septembre 2012 par une bagarre devant un lycée d’Échirolles entre Wilfried, le frère de Kevin, et un autre garçon avec lequel il avait un contentieux au sujet d’une jeune fille.

S’en sont suivis des affrontements entre différents groupes des quartiers des Granges à Échirolles et de la Villeneuve à Grenoble. En début de soirée, dans une ambiance alcoolisée, une vingtaine de jeunes de la Villeneuve décident de lancer une expédition punitive pour venger “la fierté du quartier”.

A ce moment-là, Kevin, rejoint par son ami Sofiane, attend dans un parc d’Échirolles et demande aux plus jeunes de rentrer chez eux.

Déchaînement de violence

Marteaux, manches de pioche, bouteilles de vodka, pistolets à grenailles : les coups pleuvent durant une vingtaine de minutes sur les deux jeunes.

Kevin, étudiant en master de 21 ans, est frappé de huit coups de couteau, dont un mortel au poumon. Sofiane, éducateur de 22 ans, est lui poignardé 31 fois, dont neuf fois dans le dos, et frappé au crâne avec un marteau. Il décèdera le lendemain de multiples hémorragies internes.

Les deux premières semaines sont consacrées à l’examen des personnalités des douze accusés. Estimant que chacun d’eux avait contribué à la mort des victimes, la justice a retenu le principe de la “co-action” : les douze sont donc accusés d’avoir tué Kevin et Sofiane. Ils encourent 30 ans de réclusion criminelle.