La circulation alternée pollue le débat

Alors que l'Ile-de-France connaît un pic de pollution, les mesures à prendre divisent la classe politique et créent des tensions au sein même des partis.

Nouveau pic de pollution en Ile‐de‐France et nouvelles crispations entre la Mairie de Paris et l’Etat. Anne Hidalgo a lancé samedi 31 octobre un appel à Ségolène Royal pour que la circulation alternée soit mise en place « sans attendre » dans la capitale. La ministre de l’écologie a répliqué qu’elle serait éventuellement mise en place mardi, si le pic de pollution se poursuit. Sur France Inter, Anne Hidalgo s’est agacée : « je prône depuis des mois une automaticité ».

Les deux femmes s’étaient écharpées plus tôt dans l’année sur le même sujet. Ce n’est pas la première fois que Ségolène Royal fait l’objet de critiques depuis son arrivée au ministère de l’écologie. Déjà en mars dernier, Cécile Duflot avait violemment attaqué sa décision de ne pas activer la circulation alternée malgré des pics de pollution sur plusieurs jours d’affilé. Suite à cet épisode, Europe‐Ecologie — Les Verts (EELV) avaient proposé que la mesure soit automatique au cas où un certain seuil de pollution serait atteint. En vain.

De l’autre côté de l’échiquier, la droite s’en mêle : « Un cas d’école des cafouillages ! » Le ton est donné par Valérie Pécresse, la tête de liste des Républicains aux régionales en Ile‐de‐France. Nathalie Kosciusko‐Morizet, la patronne de l’opposition au Conseil de Paris, compare, elle, la circulation alternée à une rustine et prône la gratuité des transports en commun les jours de pollution.

La circulation alternée dépasse le domaine de la santé publique. A près d’un mois des élections régionales, le sujet agite les candidats en Ile‐de‐France. Claude Bartolone, la tête de liste socialiste, joue les frondeurs sur la question et se range à l’avis de la maire de Paris. Le débat d’idées tourne en rond et la tension monte, l’air de rien.