L’harmonisation européenne sur l’euthanasie reste lettre morte

Les membres de l'UE se divisent autour de la question du "droit à mourir dans la dignité", avec des législations si différentes qu'il est difficile de s'y retrouver.

Alors que la 8e journée pour le droit à mourir se déroule en France, les législations européennes restent très disparates. En l’absence de consensus à Bruxelles, chaque pays membre opte pour un cadre juridique qui lui est propre, aboutissant à un patchwork de lois qui vont de l’interdiction pure et simple à la dépénalisation.

Le droit à mourir en Europe

En France, comme dans le reste de l’Union européenne, la loi distingue trois types d’aides à mourir : le suicide assisté (auto-injection de substances entrainant la mort avec accompagnement médical), l’euthanasie active (injection faite par un médecin entraînant la mort) et enfin l’euthanasie passive (interruption de soins ou sédation aboutissant à la mort).

Parmi les pays les plus avant-gardistes sur le sujet, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse et le Luxembourg ont choisi la voie de la dépénalisation totale et de la protection pénale des médecins qui aident des patients à mourir. Les Belges se distinguent en autorisant depuis 2014 les mineurs de tout âge atteints d’une maladie incurable à mourir.

D’autres pays sont beaucoup plus frileux sur cette question. La Grèce, le Portugal, l’Italie, l’Irlande ou la Pologne, assimilent l’euthanasie et le suicide assisté à un homicide, donnant lieu à des peines d’emprisonnement allant, à Dublin, jusqu’à quatorze ans.

La majorité des pays européens, pourtant, applique une législation intermédiaire, tolérant un droit à « laisser mourir » via l’interruption de soins et l’administration de sédatifs, comme c’est le cas en France grâce à la loi Claeys-Leonetti de 2005.