Goncourt 2015 : la victoire d’un passionné d’Orient

C'est, cette fois, grâce à son neuvième roman, Boussole, que Mathias Enard s'est imposé face à ses trois concurrents.

Et de trois. Les éditions Actes Sud ont remporté à nouveau le prix Goncourt mardi 3 novembre, grâce à Mathias Enard. Il rejoint Laurent Gaudé (Le Soleil des Scorta, 2004) et Jérôme Ferrari (Le Sermon sur la chute de Rome, 2012). Son ouvrage Boussole a été récompensé dès le premier tour, avec six voix, contre deux à Tobie Nathan (Ce pays qui te ressemble chez Stock) et une pour Hédi Kaddour (Les Prépondérants chez Gallimard). Egalement en lice, Nathalie Azoulai (Titus n’aimait pas Bérénice chez Pol) repart sans voix. Le vainqueur succède à Lydie Salvayre (Pas Pleurer, Seuil).

Né à Niort en 1972, Mathias Enard est passionné d’Orient. Diplômé de persan et d’arabe, il a vécu dix ans au Liban, en Turquie, en Iran et en Syrie.

S’il débute sa carrière d’écrivain en 2003 avec La Perfection du tir, déjà aux éditions Actes sud, c’est avec son quatrième roman, Zone, sorti en 2008, qu’il se distingue. Cet ouvrage lui permet de remporter les prix Décembre, Candide et du livre Inter. L’auteur, membre du collectif Inculte, rassemblement d’écrivains, est un habitué des récompenses. En 2010, il est lauréat du prix Goncourt des lycéens, grâce à Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants. Deux ans plus tard, Rue des voleurs est récompensé par le prix Liste Goncourt/Le Choix de l’Orient.

Mathias Enard, à qui l’on a reproché d’avoir un style parfois compliqué, le décrit comme “très accessible”. Selon lui, “il suffit d’ouvrir (le livre) pour se rendre compte que c’est beaucoup moins effrayant à lire” que ce qu’il a entendu dire.

Le lauréat du Goncourt recevra un chèque de dix euros seulement. Mais le prix permet surtout aux romans qu’il récompense de doper leurs ventes : jusqu’à 400 000 exemplaires environ, en moyenne.