Nicolas Sarkozy toujours au cœur de plusieurs affaires judiciaires

Nicolas Sarkozy vient d'apprendre que son téléphone a été géolocalisé en marge de l'enquête sur le dossier Air Cocaïne. L'ancien chef de l'Etat est d'ailleurs actuellement impliqué dans cinq autres affaires : l'affaire Tapie, l'affaire Karachi, le Kazakhgate, le financement libyen et l'affaire Bygmalion.

Le nom de l’ancien président de la République a récemment été mentionné dans l’affaire Air Cocaïne, qui implique un trafic de drogue entre la République dominicaine et la France. Un nouveau dossier qui s’ajoute à la longue liste des « casseroles » de Nicolas Sarkozy.

Affaire Tapie

Statut : Nicolas Sarkozy n’a ni été entendu ni mis en examen.

Que lui reproche-t-on : Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir encouragé un arbitrage en faveur de Bernard Tapie dans la vente d’Adidas en 1993, supervisée par le Crédit lyonnais. Il aurait fait pression sur Christine Lagarde, ministre de l’économie de l’époque, permettant ainsi à Tapie d’empocher 405 millions d’euros en 2008 dans le cadre de cet arbitrage, en remerciement pour le soutien que l’homme d’affaires lui aurait donné pendant sa campagne de 2007.

Où en sommes-nous : L’enquête est toujours en cours et est menée par des magistrats instructeurs. Claude Guéant a été entendu le 14 octobre dernier pour savoir s’il était impliqué dans l’organisation de cet arbitrage. Il était, au moment des faits, secrétaire général de l’Elysée et travaillait en étroite collaboration avec Nicolas Sarkozy. L’arbitrage en faveur de Tapie a quant à lui été annulé en février 2015.

Affaire Karachi

Statut : Nicolas Sarkozy n’a ni été entendu ni mis en examen.

Que lui reproche-t-on : On le soupçonne d’avoir accordé des commissions dans le cadre de la vente de sous-marins et de frégates au Pakistan et en Arabie Saoudite en 1994, alors qu’il était ministre du Budget sous le gouvernement d’Edouard Balladur. Les commissions consistent en des pots-de-vin donnés à des intermédiaires qui auraient permis la signature de contrats entre un Etat et une entreprise. Dans le cadre de l’affaire Karachi, ces intermédiaires auraient ensuite reversé une partie de ces commissions (les rétro-commissions, donc) au profit des comptes de campagne d’Edouard Balladur pour la présidentielle de 1995. Une campagne dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole.

Où en sommes nous : Il n’existe à ce jour pas de preuve que Nicolas Sarkozy savait que les contrats conclus en 1994 permettaient le versement de rétro-commissions. L’ancien chef de l’Etat a donc peu de chances d’être poursuivi. Six autres personnes ont cependant été renvoyées en correctionnelle en juin 2015.

Le Kazakhgate

Statut : Nicolas Sarkozy n’a ni été entendu ni mis en examen.

Que lui reproche-t-on : L’ancien chef de l’Etat est soupçonné d’avoir poussé le Sénat belge à réduire, en 2011, les peines de trois oligarques kazakhs poursuivis par la justice belge, en échange de la signature de contrats juteux promis par le Kazakhstan. Deux milliards d’euros de matériel militaire étaient en jeu.

Où en sommes-nous : L’enquête lancée en 2012 en est encore à ses débuts. Deux intermédiaires et une avocate ont été mis en examen en septembre 2014. Jean-François Etienne des Rosaies, chargé de mission à l’Elysée sous Nicolas Sarkozy, ainsi que l’ex-sénateur Aymeri de Montesquiou, ont tous deux été mis en examen en 2015.

Financement libyen et écoutes téléphoniques

Statut :

Pour le financement libyen : Nicolas Sarkozy n’a ni été entendu ni mis en examen.

Pour les écoutes : Mise en examen pour « trafic d’influence actif »,« corruption active », et« recel de violation de secret professionnel» en juillet 2014.

Que lui reproche-t-on : Sa campagne présidentielle de 2007 aurait été financée par l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Une information judiciaire est ouverte en 2013 et permet la mise sur écoute du téléphone de l’ancien président. C’est la fameuse « affaire dans l’affaire », où on apprend que Nicolas Sarkozy possède une seconde ligne téléphonique sous le nom de « Paul Bismuth ». C’est avec cette ligne qu’il aurait été en contact avec son avocat, Thierry Herzog, lui-même régulièrement en relation avec Gilbert Azibert, un magistrat de la Cour de cassation.

Où en sommes-nous : L’enquête, toujours en cours, n’a mis en lumière que le nom de Claude Guéant. L’ancien ministre de l’Intérieur a ainsi suscité les soupçons des enquêteurs avec un versement de 500 000 euros qu’il a perçu en 2008. Il a été mis en examen le 7 mars dernier pour « faux et usage de faux » et « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée ». Claude Guéant affirme quant à lui que cet argent provient d’une vente de tableaux d’un peintre néerlandais.

Affaire Bygmalion

Statut : Nicolas Sarkozy n’a ni été entendu ni mis en examen.

Que lui reproche-t-on : L’agence de communication Bygmalion, qui travaillait pour l’UMP pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2012, a été rémunérée pour des évènements fictifs, ce qui a causé un dépassement des comptes de campagne de 18,5 millions d’euros. Un système dénoncé par Jérôme Lavrilleux, l’ex-directeur de la campagne de Nicolas Sarkozy, en mai 2014 sur BFM TV.

Où en sommes-nous : Dix personnes ont été mises en examen depuis le début de l’enquête. On compte parmi elles des cadres de l’UMP et des dirigeants de Bygmalion. Franck Louvrier, l’ancien conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, a été placé en garde à vue en mai dernier, sans qu’il y ait eu de poursuites. Nicolas Sarkozy affirme quant à lui ne pas avoir été au courant de la comptabilité du parti.

Air Cocaïne

Statut : Nicolas Sarkozy n’a ni été entendu ni mis en examen.

Que lui reproche-t-on : Nicolas Sarkozy a emprunté un jet privé appartenant à la société LOV Groupe, détenue par Stéphane Courbit, un de ses amis. Trois vols ont été effectués par l’ancien chef de l’Etat et ont été facturés à cette même société. Un de ces vols a été réalisé dans l’avion mis en cause dans l’affaire Air Cocaïne. Il s’agit encore d’une « affaire dans l’affaire », où Nicolas Sarkozy est donc soupçonné d’ « abus de biens sociaux »,

Où en sommes-nous : Le JDD a révélé dimanche 1er novembre que le portable de Nicolas Sarkozy a été géolocalisé dans le cadre de l’enquête. Une décision qui a rendu furieux le président des Républicains, qui a exprimé son mécontentement dans Le Parisien du mardi 3 novembre. Il n’envisage pour l’instant pas de poursuivre la juge qui a demandé cette géolocalisation.