Sarkozy, spécialiste de la stratégie de victimisation

Alors que son nom est cité dans l'affaire Air cocaïne, l'ex-président de la République s'en prend aux juges, estimant faire l'objet d'un acharnement judiciaire.

Affaires Bettencourt, Karachi ou Air Cocaïne … Le nom de Nicolas Sarkozy revient régulièrement dans de multiples dossiers judiciaires. Pour se défendre, l’ex-président utilise une stratégie de victimisation. Au risque parfois de se répéter.

  • Air Cocaïne

Dans une interview accordée mardi 3 novembre au Parisien, Nicolas Sarkozy dénonce le “traitement” qui lui est, selon lui, réservé dans cette affaire. Furieux que son nom soit cité et que ses factures de téléphone aient été épluchées, le président des Républicains sort le couplet de la victimisation : “Croyez-vous qu’on géolocalise le chef de l’opposition, qu’on écoute ses conversations au téléphone, tout son entourage, sans que la garde des Sceaux en soit informée ?” Avant d’ajouter : “Qu’imagine-t-on ? Que j’étais à Punta Cana sur 700kg de cocaïne ? Tout ceci serait risible s’il ne s’agissait pas de la violation de principes de droit auxquels tous les Français sont attachés”.

  • Affaire Bettencourt

C’est l’axe fort de la stratégie de l’ancien président de la République. Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un non-lieu et ne se prive pas de le rappeler lors de ses interviews comme sur le plateau du 20h de TF1 face à Claire Chazal : “Pendant la campagne présidentielle, tout le monde parlait de l’affaire Bettencourt, j’ai été mis en examen puis j’ai eu un non-lieu, je suis lavé de toute accusation sur ce dossier”. Même chose sur le plateau de France 2 : “Durant toute la campagne présidentielle, on a expliqué aux Français que j’étais mouillé dans l’affaire Bettencourt, que j’avais extorqué de l’argent à une vieille dame. Deux ans et demi d’enquêtes, quatre perquisitions, 22 heures d’interrogatoire. À l’arrivée : non-lieu .Qui me rendra mon honneur ?”.

  • Affaire Bygmalion

Dans le cadre de l’enquête sur les surfacturations de la société Bygmalion, Nicolas Sarkozy répond aux attaques en déplaçant le débat sur le non-remboursement de ses comptes de campagne lors du JT de France 2 face à Laurent Delahousse : “Je suis le seul candidat à qui on n’a pas remboursé un centime. Donc la campagne de Nicolas Sarkozy n’a pas coûté un seul centime aux contribuables. La justice est saisie, elle dira la vérité. Mais à ma connaissance, personne ne me reproche quoique ce soit dans l’affaire Bygmalion.”

  • Affaire Ecoutes/Trafic d’Influence

L’ex-ministre de l’Intérieur accuse la justice “d’instrumentalisation politique”. Mis en examen pour “corruption active”, “trafic d’influence actif” et “recel de violation du secret professionnel”, Nicolas Sarkozy il se dit “profondément choqué de ce qui s’est passé” dans une interview accordée à TF1. “Dans notre pays, qui est le pays des droits de l’Homme et de l’Etat de droit, il y a des choses qui sont en train d’être organisées. Les Français doivent les connaître et, en leur conscience et en toute liberté, doivent juger de ce qu’il en est.Tout est fait pour donner de moi une image qui n’est pas conforme à la vérité”.

Pour regagner la confiance des Français après sa défaite contre François Hollande en 2012, Nicolas Sarkozy a choisi d’axer son retour en politique sur cette stratégie et ainsi prouver qu’il n’est pas inquiet de voir son nom cité dans ces affaires. Il déclare ainsi lors de son retour en politique à la rentrée 2014 sur le plateau de France 2 : “Est-ce que vous croyez que si j’avais quelque chose à me reprocher, je viendrais m’exposer dans un retour à la politique comme aujourd’hui ? Est-ce que vous me prêtez deux neurones d’intelligence ?”. La justice décidera si le retour de l’ex-président a été intelligent.