Sécurité : ce que proposent les candidats de la droite

En vue de la primaire de 2016 au parti Les Républicains, les différents candidats avancent leurs propositions en matière de sécurité. Avec une direction claire : à droite toute. 

Nicolas Sarkozy a voulu frapper fort, en égrenant les volets d’un programme sécuritaire marqué à droite dans un entretien au Parisien. Que proposent les futurs candidats à la primaire du parti Les Républicains (LR) sur cette thématique ?

  • Nicolas Sarkozy veut faire de la sécurité l’un des principaux thèmes de sa campagne. Dans Le Parisien, l’ancien président a développé deux axes : un renforcement de la répression, tout d’abord, avec la volonté de “faire de l’exécution des peines la priorité des pouvoirs publics”. Au programme, des vigies de police dans les quartiers difficiles, l’armement des forces de l’ordre municipale et “la prison pour tout Français qui rentre du jihad”. Le deuxième volet est la privatisation : M. Sarkozy souhaite élargir les pouvoirs de la SNCF, de la RATP ou des concessionnaires d’autoroutes afin de “concentrer le travail de police et de la gendarmerie sur l’ordre public, le renseignement, l’investigation”. L’ancien chef de l’Etat n’est pas non plus avare de déclarations chocs, le positionnant clairement à droite. Des expressions telles que “l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat” ou “la politique pénale laxiste de Christiane Taubira” font partie du vocabulaire préféré de l’ex-président, qui souhaite enfin créer “un grand ministère de la Sécurité publique”, qui regrouperait policiers, gendarmes, douaniers et gardiens de prison sous une même autorité.
  • Alain Juppé n’a pas encore dévoilé les détails de son programme sur la sécurité, lui qui a décidé de procéder par étapes en commençant par “faire remonter ce que les gens attendent”. Jusqu’ici, il s’est peu exprimé sur la sécurité, privilégiant l’éducation et l’économie. Un signe du positionnement centriste du maire de Bordeaux ? Pas si sûr. Dans un discours à Montreuil en mars dernier, Juppé avait attaqué le gouvernement en évoquant un “message laxiste”. L’ancien Premier ministre a jugé urgent de restaurer un “Etat régalien fort” pour “assurer la sécurité au quotidien”. Un passage obligé à droite.
  • François Fillon, comme Alain Juppé, a préféré réserver ses premières propositions à l’éducation, et surtout à l’économie, avec un programme très libéral. Le député de Paris n’a d’ailleurs jamais fait de la sécurité un de ses thèmes de prédilection. Pour M. Fillon, l’affirmation à droite passe par un positionnement radical sur l’économie, et un conservatisme affirmé sur les questions sociétales (mariage homosexuel, PMA, GPA) ou l’immigration. Lorsque l’ex-Premier ministre s’est exprimé sur la sécurité, il a aussi été ferme : “Je pense que des gens qui sont coupables de crimes et qui sont de nationalité étrangère doivent être expulsés”, a affirmé M. Fillon en janvier dernier, souhaitant réouvrir le débat sur la double peine.
  • Bruno Le Maire est souvent regardé comme le plus modéré des candidats LR à la primaire. Pourtant, comme ses rivaux, il se positionne clairement à droite sur la thématique de la sécurité. Dans une interview donnée au Parisien en septembre, M. Le Maire a annoncé la couleur : “ ‘il faut rétablir la double peine : un ressortissant étranger, condamné pour acte de terrorisme, doit être automatiquement expulsé sitôt qu’il a fini de purger sa peine en France.” Il s’est également prononcé pour l’expulsion administrative des ressortissants étrangers jugés dangereux (“fiche S”) par les services de renseignements, balayant le risque d’arbitraire. Plus que les autres ténors LR, M. Le Maire relie fréquemment les problématiques de sécurité avec le contexte géo-politique international, et notamment le Moyen-Orient.
  • Xavier Bertrand inscrit la sécurité comme une des priorités de sa campagne… pour les régionales, qu’il entend utiliser comme un tremplin pour la primaire de 2016 en battant Marine Le Pen dans le Nord-pas-de-Calais-Picardie. Au coeur du programme de M. Bertrand, la vidéo-surveillance, qu’il souhaite mettre en place dans “les trains et les gares”. Le maire de Saint-Quentin voit plus loin : il a l’ambition de créer un “ministère de l’Autorité” rassemblant les maroquins de la Justice et de l’Intérieur afin d’éviter les tensions. Un projet qui permet à Xavier Bertrand d’affirmer son autoritarisme : “Il faudra penser à l’avenir pour éviter qu’on ait le sentiment que quand les policiers font leur travail, ceux qu’ils arrêtent sont bien souvent relâchés”.
  • Hervé Mariton l’affirme clairement : pour lui, le parti Les Républicains se concentre trop sur les questions sociétales et néglige l’économie. Lui qui se définit comme un “libéral-conservateur” et s’était fait connaître pour son opposition au mariage homosexuel est donc assez peu bavard sur la thématique sécuritaire. Tout juste s’est-il prononcé pour la restauration des peines planchers lors de la campagne pour l’élection du président de l’UMP en novembre 2014.
  • Nadine Morano est un cas particulier. Candidate déclarée pour les primaires de 2016, la députée européenne a pour l’instant préféré multiplier les outrances que développer un programme politique et des mesures détaillées..