Taubira et Valls répondent aux accusations de Sarkozy

Face à l'offensive menée par Nicolas Sarkozy, les têtes de proue du gouvernement contre-attaquent

Face aux propos tenus par Nicolas Sarkozy dans un entretien paru mardi 3 novembre dans Le Parisien, Manuel Valls et Chritiane Taubira n’ont pas tardé à lui répondre, non sans y mettre une pointe de virulence.

“Dire qu’il n’y a pas d’autorité de l’Etat quand soi‐même on a affaibli pendant des années l’Etat, en supprimant 13.000 postes de policiers et de gendarmes, en baissant les moyens du ministère de l’Intérieur — c’est-à-dire des forces de l’ordre -, en supprimant des centaines de postes de magistrats… Dire qu’il n’y a plus d’autorité de l’Etat quand soi‐même, tous les jours, on remet en cause l’indépendance de la justice, ça n’est pas sérieux et surtout pas responsable”, a déclaré le Premier ministre en arrivant à l’Assemblée nationale.

“Face aux défis du pays (…) il faut être au niveau et ne pas se livrer à ces approximations, à des propositions qui ne sont pas sérieuses et à des critiques qui ne sont pas entendables”, a‐t‐il conclu.

Plus tôt dans l’après-midi, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a fustigé les “arguments fallacieux” et les “contrevérités” exposés par Nicolas Sarkozy, selon lequel il “n’y a plus d’autorité en France”.

La ministre de la justice ajoute qu’elle a engagé “deux grands plans de construction de places de prison faisant passer le nombre de places nettes de 57.000 en 2012 à 63.500” aujourd’hui. Elle tacle également l’opposition, faisant valoir que “l’objectif de 20.000 places de prisons supplémentaires annoncé sous le précédent quinquennat (…) n’avait en rien été budgétisé”.

Dans Le Parisien, Nicolas Sarkozy a insinué que le gouvernement est impliqué dans la procédure judiciaire qui l’entoure pour abus de bien sociaux en parallèle du dossier Air cocaïne. Il a également vivement critiqué la politique de sécurité du pouvoir en place.