Vingt ans après, l’exploit de « Casque d’or » fascine toujours autant

Mardi soir, le PSG affronte le Real Madrid au stade Santiago Bernabeu pour valider sa qualification en huitièmes de finale de Ligue des Champions. Plus qu’un simple match de poule, cette rencontre nous rappelle le plus gros exploit des parisiens en coupe UEFA : la victoire 4–1 en 1993, et le « Casque d’or » de Kombouaré dans le temps additionnel. A l’aune du choc contre la Maison Blanche, les supporters se souviennent et comparent les deux époques.

Plus que la victoire contre un grand d’Europe, on retient le scénario du match. Les Parisiens parviennent à mener 3–0 au Parc, mais se font surprendre à la dernière minute par un but de renard signé Zamorano. Les madrilènes pensent avoir arraché la prolongation. Mais dans le temps additionnel, l’arbitre siffle un coup‐franc à l’entrée de la surface. Kombouaré surgit et place un coup de tête qui permet au PSG de gagner 4–1 et d’accéder aux demi‐finales. Le Parc chavire.

Gabriel, 23 ans, se souvient d’une image : la joie d’Antoine Kombouaré, un défenseur « qui ne marquait pas souvent », et qui célèbre les bras en croix en se dirigeant vers les tribunes. Son geste est encore appelé « Casque d’or » par la majorité des supporters, et fait partie du mythe qui entoure ce match.

Tous s’accordent à dire qu’une victoire au Bernabeu ne serait pas synonyme d’exploit. « Le PSG entre dans la catégorie du Real… du moins il y aspire. Gagner serait un superbe résultat, mais pas un exploit. Cela permettrait de confirmer le projet de QSI », analyse Amezienne, 25 ans. Le match reste gravé dans ses souvenirs, même s’il n’y a pas assisté. « J’avais 3 ans à l’époque. Je m’en souviens surtout à travers des reportages, des cassettes vidéos, des documentaires, pour en avoir parlé autour de moi. Et même comme cela, j’ai conscience que le PSG avait vécu quelque chose d’énorme à l’époque. »

Ce qui manque au PSG

Hamza, 22 ans, vendeur dans une boutique de sport, compare les deux époques. Et pense avoir trouvé le petit quelque chose qui permettrait de (re)battre le Real. « Ce qui manque au PSG actuel, c’est le fait de tuer les matches, on est trop suffisants ».

Mais alors, en cas de succès, pourra‐t‐on parler d’exploit ? « Même en cas de victoire, ça ne sera pas un exploit. Aujourd’hui, le PSG a assez de maturité, il est entré dans la cour des grands. Dortmund a battu le Real 4–1 il y a deux ans, ça n’a pas été vécu comme un exploit », reprend Hamza. Depuis le début de l’ère qatarie, le PSG a connu des hauts et des bas en Europe. le supporter se rappelle du PSG d’il y a deux ans, plus à même de battre une grosse équipe : « On écrasait tout en championnat, on a juste eu le malheur de faire 1–1 au Camp Nou (à Barcelone). »

Gilles, 58 ans, regrette le 0–0 contre le Real à l’aller. Il pense que le PSG dégage une impression de suffisance en raison de leur nette supériorité en Ligue 1. Pas vraiment l’avis d’Amezienne : « Dès que le PSG fait une mauvaise prestation, on a tendance à mettre cela sur le compte de la suffisance. Pour moi c’est tout autre chose : Le Real a fait tout simplement preuve de supériorité sur le plan tactique. Ils nous ont gênés avec une sorte de 4–4-2 en phase défensive qui a permis de couper la relation entre nos milieux et nos attaquants. Après défensivement, on a été solides ».

Réunir deux époques

C’est également l’exploit souvent cité comme le plus intense en émotions. Gabriel se souvient d’un « contexte magnifique » au retour et de « la remontée extraordinaire au Parc ». Il regrette que l’ambiance actuelle ne permette plus de créer ce genre d’atmosphère bouillante qui favorise les renversements de situation. Amezienne rêve de réunir des éléments des deux époques : « Je pense souvent à une chose : le Parc d’antan avec l’équipe d’aujourd’hui. Je pense que le Parc serait une forteresse impressionnante et que certains comme Ibrahimovic seraient beaucoup plus attachés au club. On a peut‐être besoin de ça. » Pour battre le Real, il faudrait donc revenir dans le futur.