Notre‐Dame‐des‐Landes : l’aéroport qui sème la zizanie à gauche

L’annonce par la préfecture de Loire-Atlantique vendredi dernier de la reprise des travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes continue à susciter des réactions dans les milieux politiques, notamment du côté des écologistes.

Les écologistes du gouvernement, par la voix de Sandrine Rousseau, porte‐parole d’Europe Ecologie Les Verts, parlent d’un «nouveau coup de menton» du Premier ministre Manuel Valls sur l’aéroport de Notre‐Dame‐des‐Landes.

En réponse à une question du député écologiste Sergio Coronado, Manuel Valls a déclaré devant les députés ce mercredi, que le projet d’aéroport à Notre‐Dame‐des‐Landes est «important pour l’économie du Grand‐Ouest. Il est important bien évidemment pour les 42 000 personnes qui sont survolées par les avions décollant ou atterrissant à Nantes‐Atlantique. Bientôt 80 000 personnes seront concernées du fait de la croissance démographique de la métropole nantaise».

La ministre de l’Ecologie Ségolène Royal se serait, elle, déclarée «furax» face à la reprise des travaux. C’est du moins ce que rapporte Jean‐Vincent Placé, sénateur écologiste, lors du voyage officiel du président François Hollande en Asie.

 

Une “provocation” pour Duflot

Ce mercredi matin sur Europe 1, Cécile Duflot a parlé de «provocation» de la part du gouvernement. La coprésidente du groupe écologiste à l’Assemblée a dénoncé «l’obstination forcenée du gouvernement» sur ce dossier et doute du projet «utile et efficace» de l’aéroport. «On ne peut pas dire que faire un nouvel aéroport inutile soit un signal positif à l’égard des autres pays du monde avant la COP21» a par ailleurs fustigé l’élue. En conférence de presse sur les lieux du futur aéroport, Cécile Duflot a rappelé ce mercredi après‐midi qu’«optimiser Nantes‐Atlantique coûterait 7 à 10 fois moins cher qu’un nouvel aéroport».

De son côté, la présidente d’Europe Ecologie Les Verts Emmanuelle Cosse, a affirmé mercredi en fin de matinée, que cette annonce allait tout changer dans l’alliance entre son parti et le PS. « Il y aura un avant et un après», a déclaré Emmanuelle Cosse en marge d’un déplacement à Vincennes dans le cadre de sa campagne pour les régionales d’Ile-de-France, où elle conduit la liste EELV.

 

François de Rugy prend ses distances avec EELV

François de Rugy, président du nouveau parti «Ecologistes !» et député de Loire‐Atlantique a lui parlé d’une forme de «gesticulation parce ce que tout le monde sait bien que les travaux ne vont pas reprendre». Il met en garde par là même contre la «stratégie du chiffon» qui revient à «jeter de l’huile sur le feu, jouer la stratégie de la tension (…) et puis ensuite on repart à Paris bien confortablement». Il prend ainsi ses distances avec la venue de Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse.

 

Le projet d’aéroport a été déclaré d’utilité publique en 2008. Mais depuis trois ans, le conflit entre les opposants au projet (principalement des anticapitalistes est des agriculteurs proches du syndicat Confédération paysanne) et les groupes d’intérêts économiques soutenus par une partie des politiques gèle l’avancée des travaux.