5 chiffres pour comprendre la progression de l’extrême pauvreté en France

Le Secours catholique publie ce jeudi 5 novembre son rapport annuel sur la pauvreté en France qui constate une aggravation alarmante de la situation des plus démunis.

«Les personnes qui accèdent au travail voient leur pouvoir d’achat stagner, celles qui n’ont pas d’emploi voient leur perspective d’amélioration de leur situation se réduire. La part des personnes sans ressources financières augmente. Voilà les enseignements principaux de notre rapport statistique 2014 », écrivent laconiquement la présidente et le secrétaire général du Secours catholique en guise d’introduction de leur rapport annuel. Un bilan sombre pour les près de 600 000 familles ou personnes que l’association reçoit quotidiennement dans ses locaux.

535 euros

C’est le montant mensuel et médian du niveau de vie des bénéficiaires du Secours catholique en 2014. C’est 100 euros de moins que le seuil de très grande pauvreté en France, et près de la moitié du seuil de pauvreté fixé par l’Insee à 60% du revenu médian, soit 987 euros.

35 euros

Ce niveau de vie médian n’a augmenté que de 35 euros par mois en quatre ans, soit à peine 7% d’augmentation. Dans le même temps, l’indice des prix à la consommation calculé par l’Insee a augmenté de 7%.

43 ans

L’âge moyen des personnes qui connaissent l’extrême pauvreté continue d’augmenter. Si les 25–39 ans sont toujours les plus nombreux à franchir la porte du Secours catholique, la part des 50–60 ans est en nette progression. Alors que l’âge moyen était de 41,7 ans en 2010, il était de 43 ans en 2014.

33,6% d’étrangers

C’est la plus grande évolution présentée dans le rapport. 33,6% des plus pauvres en 2014 sont des étrangers. En 2000 cette part était de 20%. Plus de la moitié sont sans statut légal, ou dans l’attente de papiers. Or leur situation s’est «s’est très nettement dégradée » depuis trois ans à cause de l’allongement des délais de traitement de leurs dossiers, souligne le rapport.

50% des inactifs pauvres sont très peu mobiles

Le rapport du Secours catholique insiste sur la problématique de la non‐mobilité de ses bénéficiaires, qui conduit à les enfermer dans la précarité. La moitié des personnes précaire reçues par le Secours ne se déplacent en effet — hors marche à pieds — que « quelques fois par semaine ou moins souvent  ». Pour 79% de ces précaires, les raisons de cette immobilité est financière, et a des conséquences sur leur situation d’emploi. En conclusion de son rapport, le Secours catholique préconise donc de mettre en place des plateformes de co‐voiturage et des transports en commun en tarifs réduits pour les précaires. De son côté, l’association aide les plus pauvres à s’acheter des voitures d’occasion grâce à des micro‐crédits.