Affaire Benzema : quand Deschamps esquive toutes les questions

Lors de sa conférence de presse de jeudi, le sélectionneur de l’équipe de France Didier Deschamps s’est livré à un exercice de style : éviter de répondre à cinq questions embarrassantes, et ce, de manière différente.

Comme avant chaque rencontre de l’équipe de France, Didier Deschamps s’est présenté en conférence de presse pour annoncer sa liste de joueurs sélectionnés. En pleine affaire Benzema, le ton du technicien est singulier. Les différents journalistes n’ont qu’un mot à la bouche : « sextape ». D’entrée, le directeur de la communication de l’équipe de France Philippe Tournon prévient que les questions ne concernant pas la liste seront évincées. L’injonction n’a visiblement pas eu un effet retentissant. Les cinq premières questions portent sur Karim Benzema, la sextape et Mathieu Valbuena. Pour se défaire de ce piège, le sélectionneur fait preuve d’un talent certain. Silence, répartie, ironie… Didier Deschamps a livré un récital en la matière.

Après Mourinho, Deschamps

« Je me doute que vous avez beaucoup de questions extrafootball, je n’y répondrai pas ». Le coach des Bleus annonce la couleur. Il s’y est tenu. Si José Mourinho a réussi la prouesse de répondre à 12 questions avec 53 mots, son homologue français le talonne : une soixantaine de mots pour 5 questions. Lorsque les conséquences que l’affaire de la sextape pourrait avoir sur le groupe sont pointées du doigt, la réponse ne tarde pas : « Je ne suis pas obligé de répondre ». Habiles, les journalistes posent la même question sous différentes formes. Le sélectionneur n’est pas dupe : « Aucune réponse ». Malgré l’insistance des médias, le coach esquive, varie, et fait preuve d’humour. Face aux spéculations émises par la presse sur les éventuelles suites judiciaires concernant Karim Benzema, il ironise : « Tu as des compétences que je n’ai pas sans doute. » Pour les trois dernières questions, Didier Deschamps – muet – laisse le soin de répondre à Philippe Tournon. Les journalistes ont insisté, le sélectionneur a gagné.