L’enquête sur le vaccin Gardasil classée sans suite

Le Parquet de Paris a conclu que le vaccin préventif contre le cancer du col de l'utérus et les symptômes développés par les patientes vaccinées n'avaient pas de lien avéré. L'affaire a été classée sans suite.

Il ne serait pas dangereux pour la santé. Après une enquête des gendarmes spécialisés dans les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), la justice a jugé qu’il n’y avait aucun lien établi entre le vaccin Gardasil, commercialisé par le géant Sanofi Pasteur MSD, et les pathologies nerveuses dénoncées par les patientes à qui il a été administré, comme la sclérose en plaque ou le lupus. Ce vaccin, destiné à prévenir l’apparition des papillomavirus responsables de cancers du col de l’utérus, est recommandé par le Haut Conseil de la santé publique pour les jeunes filles entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans. Il était l’objet d’une plainte au pénal depuis 2013 déposée par cinquante femmes.

« Cette décision vient confirmer que la mise en cause du vaccin Gardasil était sans fondement », a salué le groupe Sanofi Pasteur MSD dans un communiqué, soulignant qu’elle était « conforme aux positions des autorités de santé française et internationales qui recommandent la vaccination par Gardasil ».

« Notre combat n’est pas terminé »

Le vaccin a été mis en cause de nombreuses fois. L’une des plaignantes s’appuyait sur une double expertise demandée par la Commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux d’Aquitaine, qui avait retenu une imputabilité des symptômes à la vaccination, mais estimait également qu’une éventuelle vulnérabilité génétique avait pu jouer. Mais en septembre, l’Agence française du médicament (ANSM) avait conclu que le vaccin n’entraînait « pas d’augmentation du risque global de survenue de maladies auto‐immunes » après une étude menée par l’Assurance maladie sur plus de 2 millions de jeunes filles et que les bénéfices de cette vaccination restent « bien plus importants que les risques auxquels elle peut exposer les jeunes filles ».

« Notre combat n’est pas terminé », a déclaré l’avocat de trente‐quatre plaignantes, Jean‐Christophe Coubris. Il déposera une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation de juges d’instruction.