Emprunts toxiques : de nouveaux éléments accablants pour BNP Paribas Personnal PF

Le témoignage d'une ancienne cadre de BNP Paribas Personnal Finance apporte de nouveaux éléments contre les agissements de la filiale de la banque qui aurait sciemment proposé des emprunts toxiques à ses clients.

Les documents sont accablants pour BNP Paribas Personnal Finance (PF). Le Monde et Libération publient aujourd’hui des extraits de l’audition de Nathalie Chevallier, ancienne directrice régionale de BNP Paribas PF, une filiale de la banque. Elle est entendue dans le cadre de l’affaire des emprunts toxiques. «J’expliquais que c’était un très gros risque pour l’image de la BNP (…) j’ai alerté tout le monde», a‑t-elle confié à la juge Claire Thépaut chargée de l’enquête. Que lui ont répondu les dirigeants de la banque à l’époque ? «Est-ce que tu te crois plus intelligente que ceux qui ont conçu ce produit ?».

Pour Me Charles Constantin-Vallet, qui représente plusieurs centaines de victimes dans cette affaire, l’audition «atteste de l’ampleur de la fraude».

L’affaire débute en 2008. BNP Paribas PF lance son programme «crédits Helvet Immo». La filiale propose des crédits indexés sur le cours du franc suisse, une monnaie réputée très stable à l’époque. Près de 6000 foyers contractent ces crédits. Mais avec la crise économique, le franc suisse s’envole et s’apprécie de 38% entre le 1er janvier 2008 et juin 2012. Résultat : le montant du capital à rembourser explose, à l’image de l’emprunt contracté par Jérôme Touzé. Cet employé chez Carrefour originaire d’Issy-les-Moulineaux avait emprunté 112 000 euros en 2009 et doit aujourd’hui en rembourser 50 000 de plus. Le parquet de Paris ouvre alors une information judiciaire pour «pratique commerciale trompeuses». BNP Paribas PF est mis en examen en mai 2015.

De leur côté, les avocats de la banque réfutent toutes les accusations. «Tout était indiqué dans le contrat, y compris la hausse des mensualités, et tous les clients ont signé un accusé de réception rappelant les risques», avait déclaré Me Malgrain en février.

Contactée vendredi par l’AFP, la filiale de la banque a refusé de commenter les déclarations de Nathalie Chevallier.

Retrouvez de plus larges extraits du témoignage de Nathalie Chevallier sur le site internet du  journal Le Monde.