Papy Connection : un scénario en or

L’affaire de la «Papy Connection», dont les protagonistes ont été condamnés ce matin à des peines de 2 à 15 ans de prison, est une pépite pour tout réalisateur de film policier qui se respecte.

Quinze papys dont certains avec un lourd passé, quelques grabataires qui cachent bien leur jeu, de la cocaïne transitant dans des conteneurs remplis de calamars, le soleil de l’Amérique du Sud, les accents de la Corse et de Marseille… Toutes les pièces sont là pour faire un film basé sur cette affaire rocambolesque. D’ailleurs pourquoi parle-ton de “Papy Connection”? Parce que certains acteurs de l’affaire ont fait partie de la « French Connection »: ce trafic d’héroïne entre la France et les Etats-Unis organisé par le « Milieu » marseillais et la mafia corse, qui s’étend de la fin des années 30 aux années 70. La French Connection a donné un film, éponyme, réalisé par William Friedkin et sorti en 1971. Et comment oublier Le Corniaud, avec Bourvil et Louis de Funès, qui s’inspire d’un épisode du démantèlement de ce réseau ? Deux films mythiques : le premier a remporté 5 Oscars, le second a terminé en tête du box-office l’année de sa sortie avec plus de 11 millions de sorties.

Film de Gérard OURY Louis DE FUNES et BOURVIL
Photo D.R

Relents de “French Connection”

Jo Signoli, 78 ans, est un ancien recruteur de passeurs de drogue, il « travaillait » dans les années 50 et assurait avoir pris sa « retraite » depuis 30 ans. Tout comme Laurent Fiocconi, qui était un chimiste réputé du « Milieu » marseillais. Leur point commun : les deux hommes font aussi partie des récents condamnés de la Papy Connection. Peut-être à cause de leur âge avancé, les papys se sont intéressés à une drogue moins violente, la cocaïne, pour créer leur réseau, entre l’Europe et l’Amérique du Sud. Les 15 papys-délinquants ont donc été condamnés ce vendredi matin. Et si l’histoire se termine pour eux, peut-être ne fait elle que commencer pour le public…

Comment faire du neuf avec des vieux?

Comment s’y prendre pour faire de ces faits réels un film inoubliable? Faudra-t-il insister sur la dimension cocasse de l’histoire ? Dans cette optique pourquoi ne pas se tourner vers le réalisateur d’OSS 117 Michel Hazanavicus?  Si on préfère insister sur le côté « Papy fait de la résistance », ce serait un terrain de jeu idéal pour l’humour absurde des frères Coen. Pour un film plus noir, difficile de ne pas penser à Olivier Marchal. Cet ancien flic s’en donnerait à cœur joie pour montrer que sous les rides, derrière la démarche cahotante du vieux repenti, sommeille toujours un brigand qui ne demande qu’à être réveillé…