Au Nord, entre droite et extrême-droite, leur coeur balance

Réveil en plein doute pour les électeurs socialistes de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Le retrait de Pierre De Saintignon interroge les fédérations sur la marche à suivre dimanche.

La région était pourtant ancrée à gauche. Après des années de militantisme, ils sont nombreux à s’interroger : pour qui voter ? La droite ou l’extrême droite ? Xavier Bertrand (LR) ou Marine Le Pen (FN) ?

Arrivé en troisième position du premier tour des élections régionales, le candidat socialiste Pierre de Saintignon s’est retiré de la course. La consigne venait de Solférino, le QG du parti.

https://twitter.com/jccambadelis/status/673765802089259008

Face aux 40 % de voix en faveur du FN, les 18 % de voix socialistes font pâle figure. Les fédérations ne savent comment se comporter pendant cet entre-deux tours.

Le secrétaire général des jeunes socialistes du Nord, Mehdi Chalah, est partisan du front républicain. “On mettra tout en jeu pour contrer le FN, même s’il faut voter pour Xavier Bertrand”, affirme ce jeune Roubaisien de 22 ans, inscrit sur la liste de Pierre de Saintignon.

Les fédérations socialistes du Pas-de-Calais, du Nord, de l’Aisne, de l’Oise et de la Somme ont tranché : “Nous devons faire barrage au Front National par un vote républicain”.

Contactée, Martine Filleul, la première secrétaire de la fédération socialiste du Nord, s’abstient d’explicitement appeler à voter Xavier Bertrand. Mais le sous-entendu est clair.

Mêmes éléments de langage à Roubaix. “Nous serons républicains pour deux”, clame Mehdi Chalah. “Je n’accorde non pas ma voix à Xavier Bertrand, mais à la République”.

Pour Mike Plaza, candidat socialiste dans l’Aisne, “il faut dès à présent se résigner et voter républicain !”

https://twitter.com/MikePlz/status/673860379768963072

Une union de la gauche dissonante

L’autre perdant de ce premier tour des élections régionales, Fabien Roussel, tête de liste PCF dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, s’unit au parti socialiste et appelle “à faire barrage au Front National”.

Pourtant enthousiaste en début de soirée, dimanche, le candidat aux 6% s’est vite ravisé face à la débâcle de la gauche dans sa terre d’élection.

Lundi 7, Fabien Roussel reproche à Pierre de Saintignon le retrait de sa liste. « C’est une lourde erreur », assène-t-il au Courrier Picard. « Nous le regrettons d’autant que le Nord Pas de Calais Picardie est la seule région concernée où le total des voix de gauche est supérieur au total des voix de la liste de Droite ».

Et les électeurs ne peuvent pas même regarder à l’Est. Le maintien de la liste socialiste de Jean-Pierre Masseret n’a fait qu’ajouter à la confusion générale.