Au QG des Républicains, la ruée vers les éléments de langage

Au bureau national du parti Les Républicains, la quasi-totalité des cadors sont tombés d'accord : il n'y aura ni retrait ni fusion de leurs listes avec celles du PS pour faire barrage au FN. Deux voix sont dissonantes, celle de Jean-Pierre Raffarin et de Nathalie Kosciusko-Morizet.

Parler sans se démarquer. Telle est la mission des hiérarques des Républicains (LR) qui se relaient sur le parvis du QG du parti, rue de Vaugirard (Paris XVe), ce lundi 7 décembre. Brice Hortefeux, fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy, le président du parti, a été le premier à pointer le bout de ses cheveux blonds vénitiens. Vers 11h45, il grille la politesse à ses camarades du bureau politique de LR. « La décision a été facile à prendre, on est tous d’accord », lance-t-il gaiement avant de s’éclipser.

Fin d’un faux suspense : comme annoncé la veille par Nicolas Sarkozy, Les Républicains (LR) maintiennent leurs listes partout en France pour le second tour des élections régionales du dimanche 13 décembre. Notamment en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, où le candidat LR est distancé par le gauche et surtout le Front national, qui vire en tête comme dans cinq autres régions.

NKM et Raffarin contre le maintien de toutes les listes

Quelques minutes plus tard, rumeur parmi les journalistes : Jean-Pierre Raffarin et Nathalie Kozciusko-Morizet auraient voté contre le maintien des listes, pour barrer la route au FN.

Hervé Mariton sort alors du bâtiment. Ruée vers le député de la Drôme, qui a critiqué Nicolas Sarkozy dans la matinée. « J’ai voté pour le maintien des listes, rien ne serait pire que des accords politiciens aux yeux des gens », annonce aussitôt l’élu. Il confirme le nom des deux dissidents. A peine le temps d’achever sa phrase que plusieurs médias se sont détournés : Jean-Pierre Raffarin vient de sortir par la porte de droite.

« Quand on est troisième, on se retire », explique l’ancien Premier ministre, répétant ce qu’il a déjà affirmé le matin même à la radio. « Je respecte la démocratie interne », précise le sénateur de la Vienne avant d’enfiler une oreillette BFM TV : il passe à l’antenne « dans cinq minutes ».

« Où est NKM ? », peut-on maintenant lire sur toutes les lèvres pendant que Patrick Ollier, David Douillet Eric Ciotti font tour à tour le service après-vente du bureau politique. « Cohérence », « les consignes de vote ne fonctionnent plus », « pas de petits calculs » figurent parmi les expressions privilégiées.

Alain Juppé laconique

Pas le temps de souffler : Alain Juppé passe en coup de vent. « La fusion non, le retrait non plus », affirme le maire de Bordeaux, tout en précisant que cette position vaut « jusqu’à dimanche ». Avant une offensive contre Nicolas Sarkozy, qui a échoué à endiguer la montée du FN ? Pour en savoir plus, il faut interroger le député de la Marne Benoist Apparu, un de ses proches lieutenants : « Il faut limiter la casse dimanche prochain. Par contre, il faudra ensuite se réinterroger lourdement : est-ce que la stratégie que nous menons est la bonne ? Je n’en suis pas convaincu ».

Un communicant de LR passe une tête : il annonce que Nathalie Kosciusko-Morizet s’est déjà éclipsée. Coup de massue sur la tête des journalistes. La plupart d’entre eux commence à remballer ses affaires. L’un d’eux s’exclame : « Mais comment a‑t-elle fait ? Elle est venue à pied ! »