COP21 : les ministres entrent en jeu pour sceller l’accord

Objectif deux degrés, limitation de la fonte des glaces, réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES)… Les ministres de 195 pays ont repris aujourd’hui la main sur les négociations.

Pour Laurent Fabius, ce lundi marque le début de la “semaine de l’espoir”. Il reste formellement cinq jours au président de la COP21 pour sceller l’accord qui devrait permettre d’empêcher un réchauffement de plus de 2°C du globe et l’accélération de ses effets destructeurs d’ici la fin du siècle.

Les équipes de négociateurs ont remis vendredi une ébauche d’accord, un texte de 48 pages où demeurent de très nombreuses incertitudes. Les ministres de l’Environnement, de l’Energie et des Affaires étrangères doivent désormais trancher dans le vif d’ici jeudi 11 décembre.

Les contours de l’accord se précisent

L’ébauche d’accord “constitue un progrès”, mais doit “être approfondie et concrétisée”, a précisé Laurent Fabius. Le document a gagné en clarté depuis l’ouverture de la COP21. Le nombre de crochets (les éléments restants à négocier) est passé de 1685 à 939.

L’ébauche d’accord intègre des propositions de compromis sur chaque grand chapitre de la négociation (atténuation, adaptation, financement, etc). Son enjeu phare est la création d’un mécanisme garantissant une révision à la hausse des objectifs de chaque pays, et ce tous les cinq ans.

A lire aussi : Ban Ki-Moon secoue les consciences

Le calendrier de révision est un enjeu de taille. Ban Ki-moon a clairement appelé les pays à agir “dès 2020”. Les pays les plus vulnérables — comme les petites îles du Pacifique — exigent une révision des engagements avant l’entrée en vigueur de l’accord en 2020. Les autres pays sont partisans d’un engagement dès 2025.

Des zones d’ombres

Faut-il aussi demander des efforts de nature différente aux pays développés et à ceux en développement comme l’exige notamment l’Inde, option qui hérisse les Etats-Unis? Les pays ‑engagés sur la base du volontariat — doivent-ils suivre la même trajectoire en se donnant un objectif global chiffré de réduction de GES d’ici à 2050 ? Les pays pétroliers et charbonniers s’opposent eux à toute mention de la fin programmée des énergies fossiles.

Le principal point de désaccord reste l’aide aux pays du Sud qui s’engagent pour une transition énergétique propre et à s’adapter aux effets du réchauffement, dont ils sont les premières victimes. Ces derniers exigent des assurances sur le versement promis d’une aide — qui atteindrait 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 -, et davantage de précisions sur la répartition des fonds publics et privés engagés. De leur côté, les pays développés estiment que plus de pays doivent désormais mettre la main à la poche, ce qui provoque de fortes frictions.