Obama intensifie la lutte contre le terrorisme

Lors d'une allocution télévisée, Barack Obama a réaffirmé, dans la nuit de dimanche à lundi, sa volonté de "détruire Daech" sans pour autant envoyer de troupes massives en Syrie.

“La menace du terrorisme est bien réelle mais nous en viendrons à bout”. Pendant treize minutes dans la nuit de dimanche à lundi, le président des Etats‐Unis a réaffirmé sa volonté de venir à bout de l’Etat islamique (EI) au cours d’une allocution télévisée exceptionnelle en direct du Bureau ovale de la Maison‐Blanche. C’est la troisième fois que Barack Obama utilise ce procédé en sept ans de présidence. Le discours présidentiel intervient cinq jours après la tuerie de San Bernardino qui a fait 14 morts et 21 blessés. L’attaque avait été revendiquée par l’EI samedi dernier.

Sur le compte Twitter de Barack Obama : “Le Président Obama s’adresse à la nation pour évoquer la menace terroriste et veille à la sécurité du peuple américain”

Le président états‐unien réaffirmé sa volonté de “détruire Daech”, sans pour autant envoyer massivement des troupes au sol en Syrie. “Il n’est pas nécessaire d’envoyer une nouvelle génération d’Américains combattre, et mourir sur un sol étranger pendant une autre décennie”, a affirmé Barack Obama.

Le président Obama a par ailleurs abordé trois autres axes militaires. Il a d’abord annoncé que les bombardements de la coalition internationale vont “se poursuivre et s’intensifier”. Il a ensuite confirmé que des forces spéciales américaines mèneront plus d’opérations ciblées. Le 1er décembre, avant même la tuerie de San Bernardino, le Pentagone avait évoqué le déploiement d’unités supplémentaires. Enfin, Barack Obama a assuré de son soutien les combattants étrangers qui luttent contre Daech. “Nous continuerons de former et de fournir en matériel les forces qui combattent au sol en Irak et en Syrie”, faisant référence notamment aux Peshmergas kurdes et à l’armée régulière irakienne.

Barack Obama a par ailleurs réaffirmé l’importance du front commun international, Russie incluse, pour s’attacher à détruire « un groupe qui nous menace tous ». Les Etats‐Unis coopèrent aussi avec la Turquie pour lutter contre la contrebande de pétrole de Daesh à la frontière syro‐turque.

Plaidoyer pour un contrôle accru des armes

Sur le plan de sa politique intérieure, Barack Obama a une nouvelle fois incriminé la prolifération des armes à feu. Il a exhorté le Congrès à faire en sorte qu’une personne fichée, interdite de prendre un avion vers, ou à l’intérieur des Etats‐Unis, soit incapable de se procurer une arme. Cette « no‐fly list » comptait 47 000 noms en 2013. « C’est une affaire de sécurité nationale », a‐t‐il martelé.

Plus largement, il a rappelé son engagement pour un contrôle plus strict de la vente d’armes, surtout les fusils d’assaut, utilisés à San Bernardino. « Les autorités, si efficaces soient‐elles, ne peuvent détecter tous les auteurs de tueries, a rappelé le président. Nous devons faire en sorte qu’il leur soit plus difficile de tuer. » Depuis le premier janvier 2015, 351 « fusillades de masse » ont eu lieu aux Etats‐Unis. 461 personnes ont été tuées, 1 313 autres blessées.

Evoquant la sécurité aux frontières, Obama a prôné un « contrôle renforcé ». Tashfeen Malik, la femme qui a perpétré la tuerie de San Bernardino, avait bénéficié d’un visa de 90 jours pour rejoindre son fiancé et se marier. Malgré une vérification d’identité, d’empreintes, et un entretien individuel, les autorités n’avaient pas détecté le danger.

Un appel lancé à la communauté musulmane

« C’est un problème auquel les musulmans doivent se confronter, sans excuse, a élargi le président Barack Obama en fin de discours. C’est de leur responsabilité de déraciner ces idées déviantes qui mènent à la radicalisation ». Il a ajouté à l’adresse de ses compatriotes : « C’est de notre responsabilité de rejeter les discriminations ». Le Président a rappelé que les divisions et la trahison des idéaux démocratiques renforcent le terrorisme.

En écho à François Hollande lors de de la cérémonie d’hommage aux attentats du 13 novembre, Obama a tenu à faire la différence entre « le culte de la mort » de l’EI, et les croyances pacifiques du milliard de musulmans dans le monde. « Les musulmans américains sont nos amis, nos voisins, nos collègues de travail et nos héros sportifs ».