U2 invite les Eagles of Death Metal pendant leur concert à Paris

Moins d'un mois après les attentats, le groupe californien a fait une courte apparition à Bercy, sous l'ovation du public.

“Merci Paris, on t’aime!” Ce cri du coeur a été lancé lundi soir par les Eagles of Death Metal sur la scène de Bercy. Invité en fin de concert de U2, le groupe californien est revenu pour la toute première fois devant les Parisiens, moins d’un mois après les attentats au Bataclan.

Les rockers américains ont rejoint leurs amis Irlandais sous les ovations du public, pour entonner avec eux “People have the power”, le tube de Patti Smith. Puis U2 leur a laissé la scène pour qu’ils puissent interpréter un de leur morceau.

“Merci à U2 de nous donner cette occasion”, a lancé au public de l’AccorHotels Arena le chanteur des Eagles of Death Metal, Jesse Hughes, vêtu d’un costume d’un blanc immaculé.

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Les organisateurs ont gardé le silence

La venue des “EODM” avait été éventée par un magazine américain dès vendredi, mais les organisateurs ont gardé le silence jusqu’au bout, entretenant le doute. U2 s’était lui contenté d’annoncer “un invité surprise” pour cette soirée.

“C’est génial qu’ils soient de retour aussi vite. C’est un vrai pied de nez aux terroristes”, a souligné Marie-Jeanne Miens et son compagnon Martial Perz, des fans de U2 de la première heure, venus de l’Aisne pour assister au concert.

“Leur présence à Paris, c’est un signe de résistance et la preuve que la musique est plus forte”, ont renchéri Hélène Boiron et Stéphane Guillo, deux Havrais de 36 et 48 ans. “Ca ressemble bien à U2, un groupe qui a toujours prôné la fraternité, de partager sa scène avec eux après le drame qu’ils ont vécus”, a ajouté le couple.

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Pendant près de deux heures, les Irlandais au rock puissant, qui étaient eux aussi à Paris au moment des attentats, avaient auparavant enchaîné leurs tubes dans un concert tout en symboles, ponctué de vidéos de villes marquées par les guerres, de Londonderry en Irlande du Nord à Kobané en Syrie…

Un important dispositif policier

Bono, le leader de U2, s’est adressé à plusieurs reprises en français au public: “nous sommes tous Parisiens ce soir”, a‑t-il déclaré, reprenant à plusieurs reprises la devise de la République française: “liberté, égalité, fraternité”. “Si vous croyez en la liberté, Paris est votre maison”.

Les noms des victimes des attentats se sont affichés sur un écran géant en bleu, blanc, rouge quand il s’est mis à chanter “Ne me quitte pas” de Jacques Brel.

Un important dispositif policier avait été déployé à l’extérieur de l’enceinte de l’AccordHotels Arena, qui peut accueillir jusqu’à 20.000 personnes, pour assurer la sécurité du concert et les spectateurs ont dû se soumettre à des fouilles pour entrer dans la salle.

Le groupe californien a également profité de son retour à Paris pour aller se recueillir, mardi, devant le Bataclan où 90 personnes sont décédées, victimes des attentats.

Selon leur maison de disques, “EODM”, qui est devenu, bien malgré lui, un symbole de liberté depuis l’attentat, devrait reprendre sa tournée européenne en février.