Attentat de Paris : comment le dernier terroriste du Bataclan a été identifié

Foued Mohamed-Aggad, jeune strasbourgeois de 23 ans, faisait partie de l’équipe responsable de la mort de 90 personnes le 13 novembre au Bataclan. C’est sa propre famille qui a mis les enquêteurs sur sa piste.

“Ton fils est mort en martyr avec ses frères le 13 novembre.” C’est ce texto, envoyé de Syrie par la femme de Foued Mohamed‐Aggad à la mère de ce dernier, qui a permis aux enquêteurs de remonter la piste du troisième kamikaze du Bataclan.

Foued Mohamed‐Aggad était le dernier inconnu du macabre commando, celui qui a assassiné des dizaines d’innocents au soir du 13 novembre dans la célèbre salle de concert. Ses deux complices, eux, avaient rapidement été identifiés : Ismaël Omar Mostefaï avait été confondu par ses empreintes digitales et une photo du visage de Samy Animour avait suffi à un spécialiste du renseignement pour le reconnaître. Mais le mystère demeurait quant à l’identité du troisième homme jusqu’à ce que cette mère de famille qui vit près de Strasbourg (Bas‐Rhin) alerte les autorités fin novembre.

Les enquêteurs de la police technique et scientifique décident alors de procéder à des tests ADN, tests que la mère du kamikaze aurait elle‐même demandés. Ils se rendent notamment en prison, à la rencontre de Karim, un des frères de Foued revenu de Syrie et incarcéré en France, pour prélever des échantillons. Les analyses sont formelles.

Jusqu’en août, le terroriste présumé du Bataclan est resté en contact avec sa famille. “Foued disait à sa mère qu’il était très heureux. Il s’était marié et venait d’avoir un enfant”, a précisé l’avocat de la famille, Me Cotta. “Pour lui, il n’était pas question de rentrer. Il disait vouloir mourir en kamikaze en Irak”, a‐t‐elle ajouté. Ce sera finalement à Paris qu’il commettra ses crimes, après être revenu en Europe clandestinement, peut‐être avec de faux papiers, faute de quoi, fiché par les services de renseignement, il aurait été repéré.