Quand Nicolas Sarkozy déculpabilise le “besoin identitaire”

Interrogé ce mercredi à la matinale de France Inter sur la ligne de son parti, le président des Républicains est revenu sur le vote Front national et la question identitaire.

Le débat sur la ligne politique du parti Les Républicains (LR) n’a “aucun sens” pour Nicolas Sarkozy. Au-delà du questionnement sur un positionnement plus à droite ou plus centriste, la question essentielle reste à ses yeux l’avenir de la France: “Est-ce que la France peut continuer comme ça, peut s’en sortir ?”.

Pour y répondre, il ne faut exclure aucun sujet. Il dénonce ainsi le manque de débat sur des thèmes essentiels qui sont le plus souvent abandonnés par manque de courage au Front national (FN). “L’immigration ce n’est pas le thème du FN, c’est le thème des Français, affirme-t-il. Il faut parler  à tous les Français, quelqu’ils soient”. Et d’attaquer le réflexe pavlovien de l’étiquetage “Dès que quelqu’un prononce ‘immigration’, il est raciste, dès qu’il prononce le mot ‘islam’, il est islamophobe, dès qu’il remet en cause l’école, il est réactionnaire”, défend Nicolas Sarkozy.

En rappelant qu’il “combat le FN matin, midi et soir”, le président des Républicains précise que “voter Front national n’est pas immoral”. Un parti reçu à l’Elysée et présent depuis plus de quarante ans aux différentes élections ne peut être taxé d’ ”anti républicain”.

Quand on le questionne sur sa position par rapport à un retour au contrôle des frontières, Nicolas Sarkozy aborde le sujet de l’identité. “Un pays qui a des frontières assumées est un pays qui n’a pas peur de l’autre, explique-t-il. Arrêtons de lier le besoin identitaire à la peur”. Pour lui, “le besoin identitaire, c’est le besoin d’avoir des racines”.

Aimer son mode de vie, sa langue, sa culture, son pays, “ce n’est pas un repli sur soi”, ajoute-il. S’il n’y a pas d’identité, il n’y a pas de diversité. Nicolas Sarkozy indique tout de même que le FN au pouvoir mènera “au désordre et au chaos”. Tout simplement.

Xavier Bertrand, candidat LR en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, présent sur Europe 1 ce mercredi, a réagi aux propos de l’ancien président de la République: “Il a un devoir de dire dans la même phrase que les dirigeants du FN, que Mme Le Pen, elle, a un comportement immoral”. Marine Le Pen quant à elle, l’accuse de “faux-jeton”.