Autour du Louvre, les attentats ont fait fuir les touristes

Près d'un mois après les attaques terroristes qui ont fait 130 morts à Paris, le retour des touristes dans la capitale est encore très timide. Le musée du Louvre enregistre une forte baisse de fréquentation, comme les boutiques de souvenirs alentours. Reportage.

Sur l’esplanade du musée du Louvre, des agents d’accueil sont postés devant un sas de sécurité digne d’un aéroport. D’habitude, la file d’attente des visiteurs s’étire sur toute l’esplanade. Mais ces jours‐ci, seulement quelques perches à selfie déambulent. Les visiteurs entrent en quelques secondes. Seule une cinquantaine de touristes affronte le froid pour une photo de groupe, devant la pyramide de verre.

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A l’entrée du musée du Louvre, un sas de sécurité digne d’un aéroport. Mais très peu de touristes.

Sue et Peter, venus d’Angleterre pour trois jours à Paris, tenaient à maintenir leur voyage. Mais tous n’ont pas fait le même choix. Dans le musée, la direction avoue qu’elle enregistre une baisse de 30% de ses visites depuis les attentats.

Quelques dizaines de mètres plus loin, le constat est le même. “Mes clients sont majoritairement étrangers et depuis un mois, ils ne viennent plus, constate Michèle, qui tient une boutique de souvenir sous les arches de la rue de Rivoli. En plus, je dépends beaucoup des visiteurs du Louvre, et le musée a été fermé pendant 6 jours après le 13 novembre”. Les allées de son magasin, remplies de mugs colorés et de cartes postales de Montmartre, sont anormalement vides.

Ce sont les Parisiens qui achètent des Tour Eiffel

Michèle estime qu’elle a perdu 70% de son chiffre d’affaires habituel depuis les attentats. Curieusement, une clientèle inédite s’est invitée dans son magasin pour acheter de petites Tour Eiffel. “Je vois de plus en plus de Parisiens, remarque‐t‐elle, ils ont besoin d’avoir quelque chose de Paris chez eux”.

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Rue de Rivoli, les boutiques de souvenirs attendent encore leurs clients.

Guide touristique à Paris, Carlos fait du repérage dans le quartier, à la recherche de nouveaux lieux à faire visiter. Son activité pâtit aussi des attaques qui ont touché la capitale : “Seuls les Chinois visitent encore Paris”, analyse celui qui a perdu la moitié de ses clients en un mois.

“Un tourisme d’hommage, pas un tourisme morbide”

Carlos sait que les touristes lui demanderont, bientôt, de faire un “circuit attentats, comme on l’a fait pour le pont où est morte Lady Di”. Il pourrait leur proposer de voir le Bataclan ou le Carillon pour y déposer une fleur. “Un tourisme d’hommage, mais pas un tourisme morbide !”, espère‐t‐il. D’autant que ses visites pour le printemps sont complètes, et que “personne n’a annulé pour le moment”. En attendant, il patiente pendant la basse saison et espère que ses affaires reprendront à Noël.

Reportage, Caroline Pomes :

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