Noël Le Graët profite de l’affaire Benzema pour tacler Frédéric Thiriez

En marge des questions relatives à l'affaire Benzema, le président de la Fédération française de football a violemment ravivé les tensions avec le patron du football professionnel, Frédéric Thiriez.

“J’ai dit que j’aimais fréquenter les gens qui connaissent quelque chose en ballon.” Furtivement, presque subrepticement. Qui d’entre vous a discuté de foot avec Thiriez ces derniers temps ?” Cette fois, c’est clair.

Il faut dire que le journaliste n’a même pas cherché à masquer son intention. Une véritable passe décisive. Noël Le Graët a levé la tête, pris la profondeur et armé une frappe d’une rare violence. Dans les cages, le président de la Ligue de football professionnel (LFP), qui exigeait la veille de la “fermeté” envers Karim Benzema dans le Figaro, n’a certainement rien vu venir.

Ce jeudi, devant des spectateurs tout aussi hébétés, parfois hilares, le président de la Fédération française de football (FFF) a éclairé sa conférence de presse d’un geste que personne n’attendait. Caméras et stylos étaient braqués sur l’affaire dite de “la sextape”. Expédiée en à peine cinq minutes, l’exclusion prévisible de Karim Benzema a été éclipsée, dans l’esprit des experts du football, par cette saillie implacable.

D’habitude très policé, du moins prolixe, Noël Le Graët a soufflé tout son monde. Jamais, dans cette lutte intestine au sommet du football français, le ton n’avait été aussi vindicatif, le tir aussi ciblé. Ces derniers mois, LFP et FFF n’ont cessé de s’escrimer, qu’il s’agisse de la gouvernance du football professionnel ou de la question du nombre de montées/descentes entre les trois premières divisions.

M. Thiriez, responsable des deux compétitions professionnelles, la Ligue 1 et la Ligue 2, donnait mercredi soir son avis sur le dossier Benzema. “Porter le maillot bleu n’est pas quelque chose d’ordinaire, estimait‐il alors. L’exemplarité, si l’on veut reconquérir les coeurs, doit l’emporter même sur la performance”.

La réponse fut cinglante. Celui qui n’a jamais caché son affinité pour l’attaquant vedette de l’Equipe de France et du Real de Madrid a profité de cette intervention pour ciseler sa vendetta.