Les équipes de la BRI en exercice en juin 2015

Terrorisme : Le vrai coût de la lutte contre le terrorisme

« Le terrorisme ne détruira pas la République, car c’est la République qui le détruira ». Lors de son discours devant les députés et sénateurs réunis en Congrès de Versailles, le 16 novembre, le président de la République a annoncé plusieurs mesures pour lutter contre le terrorisme. Près de 5 000 emplois supplémentaires de gendarmes et de policiers doivent être créés sur deux ans. Si François Hollande n’est pas entré dans les détails, le ministère des Finances a évalué le coût total de l’ensemble de ces décisions à 815 millions d’euros en 2016.

« Je vous rappelle qu’au début de cette année, après les attentats de Charlie, nous avons mis en place pour près d’un milliard de dépenses supplémentaires, entièrement compensées par un certain nombre d’économies », a rappelé, jeudi 26 novembre, le ministre des Finances Michel Sapin.

En réalité, sa déclaration est très vague. Dès avril, la commission des Finances de l’Assemblée Nationale validait par décret, une enveloppe d’urgence de 401,1 millions d’euros sur trois  ans. Elle devait, en partie, financer l’amélioration et modernisation des équipements des forces de l’ordre. Un budget inférieur aux 425 millions d’euros promis par Manuel Valls en réponse aux attaques de janvier qui avaient coûté la vie à 17 personnes. Surtout, plus d’un tiers de ces crédits n’est pas nouveau selon le rapport de la Cour des comptes sur les crédits du budget de l’Etat. Ils ont seulement été réorientés vers la lutte contre le terrorisme.

Avant les attentats, la France déboursait, chaque année, 1,2 milliard d’euros pour assurer sa protection contre les menaces extérieures. Mais avec les attentats de Paris, la note a considérablement augmentée. Le surcoût devrait représenter 152,3 millions d’euros en 2015, lutte contre la radicalisation comprise. Soit trois euros par Français.  

Avec « le pacte de sécurité », François Hollande a décidé d’augmenter les budgets de 250 millions d’euros pour la Justice, de 100 millions pour la Défense et de 24 millions pour les services de renseignement. 

Des bombes américaines à 67 000 euros pièce

 Lorsque les Rafale et les Mirage 2000 bombardent les positions de l’Etat Islamique, c’est le ministère de la défense qui paye cette dépense de guerre.

Chaque année, l’armée française dispose d’une enveloppe de 450 millions d’euros pour ses operations militaires extérieures (Opex). Aujourd’hui, il est impossible de chiffrer la part allouée aux opérations anti-terroristes. « Les députés votent une enveloppe globale, explique François‑Xavier Carabelli, administrateur adjoint de la commission Défense. Mais ils n’en connaissent pas la répartition par théâtre d’opérations.

 Mais le coût réel des Opex dépasse ce budget théorique de 450 millions d’euros. En 2015, sur un surcoût de 1,2 milliard d’euros, plus de 825 millions ont été consacrés à la lutte contre le terrorisme à l’étranger : Mali, Liban, Afghanistan, Syrie, Irak.

Autre surcoût non prévu par l’armée, la rupture du stock de bombes pour frapper la Syrie qui a obligé la France a en commander plusieurs centaines aux Etats-Unis, à 67 000 euros pièce.