Donald Trump agace jusqu’en Turquie

Irrité par la demande de Donald Trump de fermer provisoirement les frontières des Etats-Unis aux musulmans, Bülent Kural, patron des tours Trump de la capitale turque souhaite reconsidérer ses liens avec le milliardaire américain.

A force d’aller dans la surenchère, le fantasque Donald Trump, en tête des sondages pour les primaires républicaines aux Etats-Unis, finit par énerver jusqu’à ses partenaires en affaires. Dommageable pour un homme qui se vante d’être un businessman hors pair. Depuis que Trump a évoqué une fermeture provisoire des frontières étasuniennes aux musulmans, Bülent Kural voit rouge. Le directeur des tours Trump d’Istanbul, gigantesque complexe résidentiel et marchand, déplore cette sortie : “Nous regrettons et condamnons ces propos discriminatoires envers les musulmans. Nous sommes en train d’examiner la dimension légale de nos relations avec la marque Trump et cette position a été communiqué à la famille Trump.”

Exploitation politique

Pour l’homme d’affaires turc, Donald Trump “exploite la religion musulmane pour des petits calculs politiques”. Il existe de nombreuses tours Trump aux Etats-Unis et quelques unes dans des villes d’autres pays, comme Toronto et Bombay. Celles d’Istanbul, hautes de quelque 150 mètres et inaugurées en 2012 après un chantier d’environ 360 millions d’euros, hébergent plus de 200 résidences de luxe, un centre commercial et des bureaux.  Elles sont devenues l’un des symboles du quartier d’affaires de Mecidiyeköy. Les Trump Towers n’appartiennent pas à M. Trump : elles utilisent sa marque en vertu d’un accord négocié.

C’est à la suite de l’attaque menée en Californie la semaine dernière par un couple de musulmans radicalisés que le fantasque milliardaire a fait part de sa suggestion. Il a défendu “une fermeture temporaire des frontières aux musulmans” le temps que “les dirigeants des Etats-Unis comprennent ce qui se passe”. Des propos condamnés de Washington au Caire en passant par Paris et l’ONU.