Stephen Curry a mis la NBA à ses pieds

Le titre de meilleur joueur de la saison de NBA ne peut pas échapper à Stephen Curry. Retour sur le phénomène des Golden State Warriors, devenu le patron du championnat américain de basket-ball.

Déjà élu meilleur joueur de NBA la saison passée, Stephen Curry va sûrement recevoir à nouveau le titre de MVP (Most Valuable Player) dans quelques jours. Le meneur de jeu des Golden State Warriors a écrasé de son talent la saison 2015–2016 de basket-ball. Curry, c’est l’élégance des artistes mêlée à l’instinct de vainqueur qui fait les plus grands champions. Cette année, l’assassin à la gueule d’ange a porté un peu plus haut encore son niveau de jeu, au point de devenir la référence absolue du championnat.

Les chiffres fous de sa saison

Toujours plus fort sur son tir extérieur, Stephen (plus souvent appelé Steph) Curry a repoussé un peu plus ses limites. La NBA a connu d’immenses shooteurs, mais aucun n’a poussé l’art du tir extérieur à des distances aussi incroyables que ce qu’il propose match après match au point d’en devenir presque injouable. Capable de rentrer les tentatives les plus improbables et à (à peu près) toutes les distances, Curry a entamé une vraie révolution du jeu en NBA. Ni plus, ni moins. Le Warrior fait tomber les records et se lever les foules.

Curry tire son équipe vers le haut

Au-delà de ses performances individuelles, Steph Curry porte son équipe vers les sommets du championnat. Avant même de savoir si l’équipe de la baie de San Francisco conservera le trône de NBA, la saison 2015–2016 est déjà historique avec 73 victoires pour 9 défaites. Les performances de Curry, notamment au tir longue distance, expliquent en partie le plan de jeu quasi insoluble proposé par les Warriors. Le MVP aide aussi son équipe hors du terrain, grâce à son contrat peu gourmand. Parmi tous les joueurs marquant plus de 15 points par match cette saison, Curry est le deuxième meilleur rapport qualité/prix (hors contrats rookies, plafonnés à l’arrivée d’un joueur en NBA) derrière Isaiah Thomas (Boston Celtics).

Il ne cesse de progresser

Stephen Curry n’impressionne pas seulement pour son niveau de jeu, mais aussi par sa capacité à toujours élever ses performances. Excellent déjà la saison dernière, Curry a un peu plus mis au supplice les défenses adverses lors de cet exercice. Le meneur a porté le tir au rang d’orfèvre, alliant beauté et adresse. Le coup d’arrêt en 2011–2012 à cause d’une grave blessure à la cheville n’a pas stoppé son élan, bien au contraire. Le MVP en titre est revenu encore plus fort.

Curry continue inlassablement de travailler pour rendre son geste de tir le plus proche possible de la perfection, et cela paie. Les défenses sont plus serrées sur lui ? Pas de problème, il peut déclencher son shoot un bon mètre derrière la ligne à trois points sans sourciller. La responsabilité du jeu offensif des Warriors pèse sur ses épaules ? Et alors ? Sa confiance est inébranlable. Cette saison, “Steph” tente toujours plus à trois points, et réussit toujours plus.

A nouveau promis au titre de joueur de la saison, Curry ne cesse de gonfler ses stats. En une saison, ses moyennes statistiques ont progressé à une vitesse fulgurante, dans de nombreux domaines offensifs. Cette évolution justifie sa quatrième place au classement du Most Improved Player (trophée du joueur ayant le plus progressé), chose rare pour un MVP en titre.

Dans une interview donnée au quotidien L’Equipe le 19 février, Brandon Payne, l’entraîneur personnel du joueur, encensait le Warrior, bourreau de travail au talent encore inachevé.

Il adore jouer, il adore travailler. Et avec la réussite et le succès, il aime ça encore plus. (…) Avec Stephen pour l’instant, je ne peux pas voir de limite. S’il en a une, alors je ne l’ai pas encore vue. Je ne sais pas quel est son potentiel.

A se demander jusqu’où peut-il aller.

Sur le plan marketing aussi, Curry décolle

La progression d’un joueur va de paire avec son impact médiatique et commercial. Stephen Curry s’est aussi imposé dans ce domaine-là. Ses performances sur le parquet plaisent aux fans de basket et ses produits dérivés s’arrachent. Son maillot est la plus vendu en NBA et il s’est même permis de détrôner LeBron James, jusqu’alors patron incontesté de NBA.

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Son image de gendre idéal et de père de famille modèle (sa fille Riley était la star des conférences de presse après-match en fin de saison dernière) lui offrent un capital sympathie qui dépasse largement le monde du sport. Même Barack Obama est tombé sous le charme, puisque Curry est depuis quelques jours à l’affiche de spots publicitaires avec le président des Etats-Unis contre l’illettrisme. Curry le joueur est réellement devenu Stephen la vedette.

Au niveau des plus grands

Les débats sur sa place dans l’histoire de la NBA ont déjà débuté tant sa marque sur le jeu du championnat américain est déjà importante.  Avec un deuxième titre de MVP, le meneur de jeu légitimerait d’office sa place dans le panthéon des grands joueurs de ce jeu alors qu’il n’en est encore que dans la première moitié de sa carrière. Seuls 12 joueurs ont déjà remporté à au moins deux reprises le trophée de meilleur joueur de la saison, avant la plus que probable entrée de Stephen Curry dans ce club fermé. On est encore loin des cinq titres de MVP de Michael Jordan mais au même stade de leur carrière, les deux joueurs ne sont pas si éloignés statistiquement parlant. Pas de doute, le règne de Stephen Ier a bel et bien débuté.

Crédits statistiques : www.basketball-reference.com et nba.com/stats
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