Conférence environnementale : 30 ans après Tchernobyl, la France se veut rassurante

La conférence environnementale s’est tenue lundi 25 avril, organisée par le ministère de l’Environnement. Le gouvernement a voulu donner des gages sur la transition énergétique, en pleine commémoration du 30e anniversaire de l’accident nucléaire de Tchernobyl en Ukraine.

Le choix de la date n’a pas été fait au hasard. Trente ans après l’accident nucléaire de Tchernobyl et trois jours après la signature des accords de la Cop 21 par 175 pays, le gouvernement français s’est dit “tenu par une obligation de traduire en actes les engagements de la Cop 21”. A l’origine prévue mi-avril, cette quatrième et dernière conférence environnementale a été reculée, bouleversant ainsi l’agenda écologique. Le gouvernement était attendu au tournant concernant les décisions sur le nucléaire. “Cette conférence résultera en une feuille de route qui sera votée dans les prochaines semaines”, a assuré le premier ministre Manuel Valls.

Assurer la transition énergétique

Malgré la catastrophe de Tchernobyl, trois autres réacteurs ont continué de produire de l’électricité jusqu’en décembre 2000 en Ukraine. De son côté, la France compte actuellement 58 réacteurs et 19 centrales nucléaires. Objectif pour 2025 : atteindre une part de 50% d’électricité d’origine nucléaire, contre 75% aujourd’hui. Cet objectif a été inscrit dans la loi sur la transition énergétique et confirmé par Ségolène Royal. Symbole de cet ordre énergétique ancien : la centrale Fessenheim. François Hollande a demandé à EDF de fermer ce site à l’horizon 2018. Le président avait promis lors de sa campagne la fermeture de cette centrale en 2016 avant de la conditionner à la fermeture du site de l’EPR de Flamanville (Manche).

“Tous les textes d’application seront pris d’ici l’été”, a assuré François Hollande, confirmant la date butoir du 1er juillet pour la publication de la très attendue “programmation pluriannuelle de l’énergie”Pour la production d’électricité, le parc éolien terrestre devra doubler et le parc solaire photovoltaïque tripler. Quant à la production de chaleur, la part des renouvelables (bois, biomasse, géothermie, etc.) devra augmenter de plus de 50%. 

Mieux protéger les populations

Autre grande annonce : le périmètre des plans particuliers d’intervention (PPI) autour des sites nucléaires en cas d’incident va être étendu à 20 kilomètres, contre 10 actuellement. Ces zones visent à protéger les populations, les biens et l’environnement face aux risques liés aux installations nucléaires. Elles prévoient notamment l’information de la population, la mobilisation des hôpitaux et la mise à l’abri des habitants.

“Les autorités européennes de sûreté et de radioprotection avaient recommandé d’étendre les périmètres des PPI, aujourd’hui prévus jusqu’à 10 km en France”, a déclaré la ministre de l’Écologie Ségolène Royal, tout en se félicitant d’une homogénéisation de ces PPI entre les pays. Demain, mercredi, le gouvernement fera des annonces sur les prix du carburant.