Les intermittents renégocieront leur régime

Les représentants syndicaux des intermittents du spectacle ne sont pas tombés d’accord avec le gouvernement et les employeurs sur le nouveau régime d’assurance chômage qui leur est proposé. Le dialogue reprendra mercredi.

Après une journée de négociation au ministère du Travail “le compte n’y est pas encore”, pour Denis Gravouil. Le secrétaire général de CGT spectacle demande des chiffres précis sur les conséquences d’un accord. Il réclame aussi des éclaircissements sur la contribution des employeurs. Preuve d’une cristallisation des tensions autour de ce sujet, quelques dizaines d’intermittents occupent le théâtre de l’Odéon depuis dimanche 24 avril. Le mouvement Nuit Debout est venu en renfort. Lundi, des échauffourées entre “Nuit Deboutistes” et policier ont éclaté devant le théâtre.

Le cadrage financier proposé par la loi El Khomri demande un effort de 185 millions d’euros d’économies aux intermittents d’ici à 2018. Une somme à laquelle l’Etat participerait à hauteur de 80 millions d’euros. Les employeurs assumeraient pour leur part 31 millions d’euros, dont 15,5 millions d’ici à 2018. Les intermittents réclament un effort supérieur des employeurs. Il craignent aussi que la participation de l’Etat aboutisse à la création d’une caisse autonome qui sortirait les intermittents de la solidarité interprofessionnelle.

Les artistes et techniciens du spectacle bénéficient de règles spécifiques d’indemnisation du chômage. Le déficit de ce régime s’est considérablement accru depuis les années 1980, le nombre de bénéficiaires ayant fortement augmenté. Il atteint environ un milliard d’euros chaque année, soit environ un quart du déficit général. Dans un rapport publié le 26 novembre 2013, la Cour des comptes relevait que les intermittents n’étaient pas les principaux responsables du déficit global de l’Unedic, l’organisme qui gère l’assurance-chômage, et mettait en avant la dégradation de la situation des CDI, CDD et des intérims. La Cour pointait néanmoins un problème structurel : le besoin de financement toujours plus important des intermittents du spectacle par rapport aux autres emplois indemnisés.

Les négociations doivent reprendre mercredi, à partir de 16 heures, toujours au ministère du Travail, à la veille de la journée de mobilisation dans toute la France contre le projet de loi Travail. La journée de lundi devait être une date butoir pour parvenir à un accord sur le régime d’indemnisation des intermittents. En cas d’échec de la négociation, la CGT a déposé un préavis de grève reconductible, à compter de jeudi.