Quand Hollande oublie les lanceurs d’alerte

Au lendemain des révélations sur le scandale des « Panama Papers », le président François Hollande a tenu a défendre les lanceurs d'alerte, qu'il faut « protéger ». Il est aujourd'hui totalement silencieux sur le sort des lanceurs d'alerte impliqués dans « LuxLeaks ».

Deux lanceurs d’alerte et un journaliste comparaissent depuis mardi 26 avril pour avoir révélé un système d’optimisation fiscale. Depuis le début de son quinquennat, le président français entretient une position ambigüe face aux lanceurs d’alerte.

Candidat à l’élection présidentielle, le socialiste s’était engagé à renforcer leur protection. En 2013, il a d’ailleurs porté une loi renforçant cette protection dans le cadre de la dénonciation de l’évasion fiscale.

Il y a encore quelques mois, François Hollande a refusé le droit d’asile pour Edward Snowden, à l’origine des révélation sur la NSA.

Même décision pour Julian Assange, à l’origine des Wikileaks.…

Les réactions et les soutiens de politiques s’étaient pourtant multipliés en faveur des deux lanceurs d’alerte.

Même des proches de François Hollande, comme l’avocat Jean-Pierre Mignard, ne soutiennent pas sa décision :

Mais au lendemain des révélations sur les « Panama Papers », au début du mois d’avril, François Hollande rebat les cartes. Il change d’opinion et se pose en défenseur des lanceurs d’alerte.

Une déclaration sur laquelle Edward Snowden a immédiatement ironisé.

A l’ouverture du procès des deux lanceurs d’alerte Antoine Deltour et Raphaël Halet, et du journaliste Edouard Perrin, au Luxembourg, Michel Sapin, le ministre des Finances, a proposé d’apporter son soutien à Antoine Deltour.

Mais aucun soutien apporté à Edouard Perrin, ni à Raphaël Halet.

https://twitter.com/andreivaitovich/status/725240679908184064

De son côté, François Hollande n’a pas réagi. Ni sur son compte personnel, ni avec le compte de l’Elysée.