Le TAFTA illustré

Les négociations pour la mise en place du Traité de libre-échange transatlantique (TAFTA) se tiennent depuis le début de la semaine à New-York. Mais difficile de comprendre ce que contient réellement cet accord. On vous l'explique en trois graphiques.

Lancé début 2013, le Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) est un projet de zone de libre‐échange entre les États‐Unis et l’Union Européenne. L’objectif est de libéraliser au maximum le commerce entre les deux rives de l’Atlantique, en  réduisant d’une part les droits de douane, et d’autre part les  « barrières réglementaires ». C’est-à-dire les  différences de réglementations qui empêchent l’Europe et les Etats‐Unis de s’échanger tous leurs produits et services, ou qui génèrent des  coûts supplémentaires. 

1.  Six dates importantes

Tafta en dates

En 2011, trois ans après le début de la crise économique mondiale, l’Union européenne et les États‐Unis mettent en place un groupe de travail pour un large accord sur le commerce et l’investissement. En 2013, Barack Obama, José Manuel Barroso, alors président de la Commission européenne et Herman Von Rompuy, président du Conseil européen, signent une déclaration qui lance officiellement le cycle des négociations sur le TAFTA. Peu après le début des pourparlers, des premières voix citoyennes et politiques hostiles au projet se font entendre. Trois ans plus tard, les critiques sont toujours là et les négociations battent de l’aile. Une part des pays  européens, la France en tête, estime qu’en l’état le traité ne peut être signé à cause, notamment, d’un manque de garanties.

2.  Quelques chiffres

Objectifs2

De beaux chiffres au tableau de la croissance et de l’emploi, voilà le scénario idéal promis par le TAFTA. Mais tous ne sont pas du même avis. Attac, mouvement alter‐mondialiste, assure qu’une « destruction massive d’emplois » est à prévoir. Cette analyse se base sur le précédent de l’Alena, zone de libre échange entre le Canada, les Etats‐Unis, et le Mexique, qui a provoqué une disparition de 900 000 emplois contre une promesse de création de 20 millions de postes. Si les deux traités sont différents, la prudence est de mise.

À suivre : retrouvez notre match des économistes sur le sujet à 17 heures.

3. Les acteurs du débat

Pour Contre

Le Tafta est l’un des chantiers que Barack Obama rêve d’achever avant de quitter la Maison blanche. Avec Angela Merkel et David Cameron, ils sont les principaux défenseurs  du traité transatlantique. Plus nuancés, François Hollande et la candidate démocrate Hillary Clinton font partis de ceux qui suspendent leur position au contenu de l’accord qui sera proposé. En réalité, à mesure que l’opinion y est de plus en plus défavorable, ils sont de plus en plus critiques envers le traité. Selon un sondage de 2016 réalisé par la fondation Bertelsmann, 17% des Allemands  pensent que l’accord est une bonne chose, 15% chez les Américains.

Enfin, des deux côtés de l’Atlantique, les opposants au traité sont les mêmes que ceux qui dénoncent l’emprise des multinationales sur l’économie. Aux États‐Unis, Bernie Sanders et Donald Trump en font partie. En France, la gauche d’opposition, Europe Écologie les Verts, ou encore le Front national sont radicalement contre.  Partout en Europe , des dizaines de municipalités, dont la mairie de Madrid gouvernée par des soutiens du parti Podemos se sont également déclarées « hors‐Tafta».