Les intermittents gagnent l’ensemble des théâtres nationaux

Alors que les négociations sur le régime de l'assurance chômage des intermittents reprennent mercredi dans l'après-midi, plusieurs actions ont été menées dans les différents théâtres nationaux.

De Paris à Montpellier, de Bordeaux à Strasbourg en passant par Lille et Caen, le théâtre public tourne au ralenti. Les intermittents ont investi les murs de plusieurs centres nationaux d’art dramatique pour protester contre le cadrage financier que tente de leur imposer le Medef.

Selon la scène où se joue la tragédie du mécontentement et du refus de l’oppression patronale, l’action est plus ou moins percutante, plus ou moins ambitieuse.

L’acte majeur a eu lieu mardi 26 avril au théâtre de l’Odéon à Paris. Sous la menace de la perturbation du spectacle, la direction a décidé d’annuler la représentation de « Phèdre (s) » avec Isabelle Huppert. Dans la journée, les intermittents, rejoints par des étudiants et des participants du mouvement Nuit Debout sur la place faisant face au théâtre, ont été pris dans des échauffourées avec les CRS.

Moins spectaculaire, tout en obtenant des résultats similaires, l’action menée à la Comédie Française a entraîné l’annulation de la représentation de la pièce « Lucrèce Borgia ».

Prévoyante, la Comédie de Caen a quant à elle ouvert ses planches aux intermittents. Pour leur permettre de diffuser leurs revendications et de débattre en toute tranquillité, la direction a mis à leur disposition le petit Théâtre des cordes qui peut accueillir 250 personnes.

En Alsace, l’occupation n’a été que symbolique. Elle s’est soldée par des discussions en assemblée générale qui n’ont pas eu d’impact sur les spectateurs. Ils ont pu assister aux deux représentations prévues mardi soir. Même combat à Montpellier où l’occupation s’est tenue dans une ambiance bonne enfant.

Avec ces différentes mobilisations, la lutte des intermittents s’étend à l’ensemble de l’Hexagone.